On n'est pas des moutons

Bonne année : « Joie, allégresse, alléluia ! »

Il est de ces rites aux­quels on n’échappe pas. En par­ti­cu­lier le rite païen du renou­veau vital, forme de renais­sance. Rites sociaux cen­sés lier cette bizarre col­lec­ti­vi­té humaine. Ici les feux d’artifice, les péta­rades ; là les sonos assour­dis­santes, les bou­chons et les bulles ; et les bagnoles incen­diées. Dans tous les cas, du bruit, beau­coup de bruit – pour rien ou presque rien, celui du défer­le­ment des vœux, des réso­lu­tions diverses, des mêmes lieux com­muns. Comme les années pré­cé­dentes, et les sui­vantes. Cette fois encore, lais­sons à feu (sans arti­fice) Pierre Des­proges le soin d’assaisonner le rituel de ses grains de sel télé­vi­suels. Une bonne dose d’humour salutaire.

Hep – au fait – bonne année !

  • Pen­dant ce temps, un savant fou trans­mute du bruit en com­po­si­tion musi­cale. Un concer­to pour esca­lier… Si ça vous dit…  C’est là.
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Le Père Noël est (vraiment) une ordure. Achevons-le !

Rino Ste­fa­no Taglia­fier­ro, vidéaste ita­lien, s’avère aus­si talen­tueux qu’iconoclaste. Oppor­tu­niste aus­si, il s’en prend, comme ci-des­sous, au bour­reau d’enfants autant qu’à la figure tuté­laire de l’illusionnisme mer­can­ti­lo-reli­gieux qu’il va jusqu’à faire explo­ser. Ce ter­ro­risme-là ne fait de mal à per­sonne, si ce n’est à la per­sonne mythique dudit Père Noël. Il l’a bien cher­ché, depuis sa relance com­mer­çante par Coca-Cola dans les années 30 ; et depuis qu’il a été sacra­li­sé comme ordure par les comé­diens du Splen­did (1979) et du film « culte » qui en a été tiré (1982). Lequel met à mal de fameux inter­dits moraux… Extraits :

- Vous met­tez jamais de trempe à votre femme vous ?
- Si, mais pas à coup de fer à souder...
- Mais... c’est parce que vous êtes pas bricoleur.

Alors, s’il faut, selon le pos­tu­lat freu­diste, « tuer le père », autant com­men­cer par le plus ordu­rier de tous !…

Mer­ry Christ­mas by Rino Ste­fa­no Taglia­fier­ro from Rino Ste­fa­no Taglia­fier­ro on Vimeo.

PSBonnes fêtes et ripailles, quand même !

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Dans le jardin du botaniste Jean-Marie Pelt, qui vient de mourir

Bota­niste, huma­niste, éco­lo­giste – ou peut-être d’abord éco­logue, éru­dit de la mai­son Nature… Jean-Marie Pelt est mort à 82 ans d’un infarc­tus dans la nuit du 23 décembre 2015. Ce Lor­rain enra­ci­né fut aus­si maire-adjoint de Metz, où il a fon­dé et pré­si­dé l’Institut euro­péen d’écologie.

On l’entendait chaque semaine sur France Inter dans l’émission de Denis Cheys­sou, CO2 mon amour. Un soir de Noël 2011, ce der­nier était allé à sa ren­contre, dans son jar­din en Lor­raine, et en avait tiré un très bel enre­gis­tre­ment que voi­ci à nouveau :

 

Proche de Pierre Rabhi et de Corinne Lepage, Jean-Marie Pelt lut­tait contre le dan­ger des OGM, l’hyper pro­duc­ti­visme et la socié­té de consom­ma­tion. Dès 1977, dans L’Homme re-natu­ré (Le Seuil), il écri­vait : « Il paraît chaque jour plus évident que la crois­sance éco­no­mique ne se pour­suit qu’au prix d’une décrois­sance éco­lo­gique, tout comme une tumeur can­cé­reuse ne s’alimente qu’au détri­ment de l’organisme qu’elle épuise : dans les deux cas, le bilan final est désastreux. »

Chré­tien, Jean-Marie Pelt déplo­rait le fait que l’augmentation de la culture scien­ti­fique se tra­duise par une dimi­nu­tion de la foi et, tout en condam­nant le créa­tion­nisme, regret­tait que l’enseignement du dar­wi­nisme passe par le pos­tu­lat de l’athéisme. Dua­liste sur le plan phi­lo­so­phique, il esti­mait que science et foi sont deux domaines dif­fé­rents, la pre­mière lui per­met­tant de com­prendre la nature, et sa foi de « répondre aux ques­tions ultimes ».

Débat aus­si éter­nel que la mort demeure sans retour…

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Corruption et politique. L’exemplarité ordinaire de la Norvège

On peut tou­jours y aller de prê­chi-prê­cha, de pom­peuses décla­ra­tions de len­de­mains de cuites, rien ne vau­dra l’exemple en action. Ain­si ce repor­tage de 2007 tour­né en Nor­vège pour Com­plé­ments d’enquête, France 2. On est loin de la lita­nie du « Moi, pré­sident » ou du « Pré­sident nor­mal ». Le train de vie de l’Élysée aurait nota­ble­ment dimi­nué sous ce quin­quen­nat – on dira que, vu le pré­cé­dent, ça n’a pas dû être bien dif­fi­cile. Soit. Mais il en faut plus sur le registre de l’exemplarité, et pas seule­ment chas­ser du temple poli­tique ses Cahu­zac et autres Thé­ve­noud. Plus, afin de n’avoir pas à oppo­ser de la morale à quatre sous aux autres exac­tions ordi­naires écla­bous­sant la « classe » poli­ti­cienne et déses­pé­rant Billan­court – enfin, ce qu’il en reste. On n’en fini­rait pas sur ce cha­pitre, d’énumérer ce qu’on nomme pudi­que­ment « les affaires »pour ne pas dire « scan­dales ». Égre­nons le cha­pe­let des récentes années :

Hip­po­drome de Com­piègne ; finan­ce­ment occulte du Par­ti répu­bli­cain ; tram­way de Bor­deaux ; Gué­ri­ni, Syl­vie Andrieu (Mar­seille) ; Kara­chi ; Tak­kied­dine ; Total ; Woerth-Bet­ten­court ; Sar­ko­zy-Kadha­fi ; Byg­ma­lion ; Tapie-Lagarde ; son­dages de l’Élysée (pré­si­dence Sarkozy)…

J’allais oublier, cham­pions toutes caté­go­ries, les exploits finan­ciers des époux Bal­ka­ny à Leval­lois-Per­ret ! Et aujourd’hui, atten­tion, éplu­chage des patri­moines des Le Pen, père et fille…

Et il n’est ques­tion ici que d’affaires poli­ti­ciennes, en France, hors milieux sportifs…

D’après l’Institut de la Banque mon­diale, le coût de la cor­rup­tion inter­na­tio­nale s’élève à plus de mille mil­liards de dol­lars. De quoi éra­di­quer la misère, ou l’attaquer sérieusement.


Poli­tique. Si on com­men­çait par là ? par gerard-pon­thieu-9

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Marseille, au-dessus du Vieux-Port, pour respirer un peu…

MARSEILLE VIEUX PORT VU PAR LE DRONE D’AIR LIBRE. (On peut cou­per le son de la musaque !)

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Élections. Xavier Bertrand, salaud sartrien (article de 2010, pour l’Histoire…)

Xavier Ber­trand, futur pré­sident de la région Nord-Pas-de-Calais-Picar­die, ce poli­ti­cien de bas étage – je main­tiens –, se refait donc une sorte de vir­gi­ni­té sur l’air du “front répu­bli­cain”. Le poli­ti­cien, on le recon­naît à ça, lui aus­si, tout comme l’autre : il ose tout. Et, comme tel, il par­vient à faire accroire au bon peuple si abu­sable qu’il vient de ter­ras­ser le Dra­gon. Lui qui l’a engrais­sé, tout comme tant de ses congé­nères de la basse poli­tique. Voi­ci donc, pour mémoire et pour l’Histoire (avec sa grande hache…), ce moment télé­vi­sé de février 2010, il y a cinq ans. Pour illus­trer une belle saloperie.


 

J’écris « salaud sar­trien » par pré­cau­tion judi­ciaire, vu que c’est une caté­go­rie estam­pillée phi­lo. Bon. Mais nor­ma­le­ment, si j’écrivais à un pote, je m’en pas­se­rais et par­le­rais plu­tôt de la digni­té selon Camus. Car ce type est ignoble (contraire de noble, ça oui !), abject (qu’on a envie de jeter), mépri­sable, etc. Si vous vou­lez le voir en action, y a qu’à cli­quer sur l’image et vous allez assis­ter à la repré­sen­ta­tion la plus vile de ce qu’un poli­ti­cien peut don­ner à voir. Ce lamen­table spec­tacle montre un Xavier Ber­trand et non­obs­tant secré­taire géné­ral de l’UMP pra­ti­quer une danse du scalp, voire une mise à mort, autour d’un jour­na­liste du Cour­rier picard. Un tel mépris de la per­sonne, affi­ché avec tant de morgue, ça fait plus que froid dans le dos.

Cela se passe le 19 jan­vier, sur le pla­teau de l’émission « Ter­rain poli­tique » de la chaîne Public Sénat. Xavier Ber­trand, par ailleurs adjoint au maire de Saint-Quen­tin (Aisne), est ques­tion­né par Nico­las Totet, res­pon­sable de l’édition locale du Cour­rier picard à Saint-Quen­tin. Le jour­na­liste n’est pas à l’aise, ce n’est pas son truc la télé. L’autre le toise de son œil noir comme un ban­dit au coin du bois. Pas besoin d’en dire plus puisque le docu­ment fait foi. Ce mor­ceau déso­lant va s’ajouter à la vaste antho­lo­gie cou­vrant la caté­go­rie vul­ga­ri­té et bas­sesse politiciennes.

Extrait des réac­tions des lec­teurs du monde.fr :

Sou­tien le plus total au jour­na­liste du Cour­rier Picard. Tout le monde ne peut pas être à l’aise à la télé­vi­sion, et pro­fi­ter des fai­blesses de son contra­dic­teur pour l’humilier, c’est vrai­ment pitoyable. Ne vous en faites pas Mon­sieur Totet, ce n’est pas vous qui sor­tez rabais­sé de cette vidéo, mais bien le balourd d’en face.

Vrai qu’il fal­lait lui ren­trer dans le lard à l’ex assu­reur trop assu­ré, mais là nib ! Un jour­na­liste en forme de feuille morte trem­blante à la moindre chi­que­naude de l’engraissé Ber­trand. Le Cour­rier Picard... ça doit venir du cli­mat, le froid ça fait perdre ses moyens.

Je vous trouve dur avec le pauvre Xavier. Sou­ve­nez-vous, il était sym­pa dans le lip­dub de l’ump... Pen­sez à son déhan­che­ment, sa petite main au bout de son bras des­si­nant des vagues. Avouez, de suite, on res­sent bien la bêtise pro­fonde, grasse, du personnage...

Le com­por­te­ment de Xavier Ber­trand est celui d’un 4x4 face à une 2 che­vaux : gros, puis­sant et vul­gaire. Pro­pre­ment scan­da­leux, non pas fel­li­nien, mais berlusconien!


Paru icihttps://c-pour-dire.com/xavier-bertrand-salaud-sartrien/  Et sous l’article voir aus­si le per­ti­nent com­men­taire de l’époque.

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Élections. “On nous refait le coup de la ligne Maginot”, par Philippe Torreton

Valls était beau l’autre soir à la télé, dra­pé de soie­ries yvette-hor­né­rienne un soir de 14 juillet, il appe­lait à voter pour la droite en citant nom­mé­ment les can­di­dats. Ça y est, il peut la dire fiè­re­ment cette phrase, sans s’emmerder à trou­ver des astuces et des com­bines pour s’affirmer de gauche. Et c’est ain­si qu’au len­de­main d’un vote par­ti­cu­liè­re­ment extrême, le front répu­bli­cain nous refait son numé­ro de duet­tistes comme les der­niers cache­tons de Stan Lau­rel et Oli­ver Har­dy qui ne se par­laient plus mais ten­taient encore de faire rire à l’ancienne dans un monde pas­sé au sonore et à la cou­leur. On nous demande de voter à droite pour bar­rer la route au Front natio­nal. Cela fait plus de trente ans que l’on nous remet les mêmes cou­verts pour man­ger la même soupe à la gri­mace, ce n’est pas bon mais ça fait du bien. Mais ça fait du bien à qui ? Ça ras­sure qui ce vote répu­bli­cain ? Ça per­met quoi ? L’eau monte à chaque marée d’équinoxe élec­to­rale mais le front de mer répu­bli­cain résiste, on rebâ­ti en hâte la digue en rajou­tant un rang de par­paings et on se dit qu’on a fait le boulot.

Sauf que là, on nous demande de voter entre autres pour un Ber­trand ou un Estro­si, c’est-à-dire ce que la droite fait de pire, les Las Vegas de la droite, des prêts-à-tout… Au nom d’un soi-disant front répu­bli­cain, on nous demande d’aller voter pour des oli­brius qui ont mené une cam­pagne pra­ti­que­ment indif­fé­ren­ciable de celle du FN pour contrer jus­te­ment les can­di­dats FN. C’est absurde, c’est tris­te­ment absurde. On peut man­ger de la merde sous la menace d’une arme, mais je crois qu’il y a des limites à l’humiliation. On vou­drait ren­for­cer le vote FN que l’on ne s’y pren­drait pas autre­ment. Il faut per­mettre au peuple de gauche de voter et, pour qu’il puisse voter, il lui faut des can­di­dats. Ce n’est pas en s’asseyant à plu­sieurs sur le cou­vercle de la Cocotte-Minute en sur­chauffe que l’on fera retom­ber la pres­sion, pour moi le front répu­bli­cain c’est cela et pas autre chose. Plus de trente ans que l’on nous res­sert avec les airs finauds et graves qui vont avec le coup du « vote de colère » et du « vote mes­sage » qu’il faut savoir écou­ter, évi­dem­ment, et que l’on a bien sûr com­pris. Trente ans que tout ce beau monde y va des mêmes phrases creuses, trente ans que les citoyens qui votent FN n’ont pas com­pris que vous les aviez com­pris, mais trente ans de colère, ce n’est plus de la colère, c’est un pro­gramme, Mes­sieurs du front répu­bli­cain, c’est une adhé­sion en par­faite connais­sance de cause, on vote FN sans se cacher, sans prendre un air bou­gon, on vote FN tran­quille­ment avec les enfants juste avant d’aller voir Mamie qui nous a pré­pa­ré une blan­quette de veau. Il est curieux de deman­der le retrait de ses can­di­dats arri­vés troi­sième mais de ne pas exi­ger la réci­proque pour le camp d’en face. C’est moi qui vois le mal par­tout où se cache­rait-il par là un petit cal­cul poli­tique, comme un espoir de réci­proque si jamais on se retrouve seul face au FN au deuxième tour de l’élection pré­si­den­tielle de 2017, plus on s’affichera grand sei­gneur aujourd’hui moins il sera pos­sible à l’autre camp de ne pas appe­ler à voter « répu­bli­cain » à son tour ? L’heure est grave et on nous refait le coup de la ligne Magi­not républicaine…

Il faut entrer en résis­tance et résis­ter, c’est d’abord étu­dier pré­ci­sé­ment ce que l’on va com­battre et pour com­men­cer ce com­bat il faut admettre un résul­tat, être capable de le consta­ter, la France est majo­ri­tai­re­ment de droite et dans cette droite le FN est le par­ti phare. Ce n’est pas en s’abstenant ni en démis­sion­nant des conseils régio­naux que l’on va résis­ter, c’est en y étant pré­sent, en écou­tant les débats, en par­ti­ci­pant aux votes, en dénon­çant l’inadmissible qui ne tar­de­ra pas à poin­ter son nez, même si je pense qu’ils vont tout faire durant cette pauvre année qui nous sépare de la ker­messe pré­si­den­tielle de 2017 pour ne pas cho­quer le citoyen qui ne vote pas FN.

Ce front répu­bli­cain est un aban­don, c’est de la poli­tique de tapis vert. Pour contrer le FN, il eût été pré­fé­rable de ne pas hur­ler en sueur : « J’aime l’entreprise ! » Ou de décla­rer sans sour­ciller que les Roms n’ont pas voca­tion à s’intégrer, mais au contraire don­ner le droit de vote aux étran­gers extracom­mu­nau­taires aux élec­tions locales, au lieu d’abandonner cette pro­messe au len­de­main d’une défaite élec­to­rale affi­chant une fois de plus un score impor­tant du FN, comme un acte d’allégeance ; c’était ne pas appe­ler les pays de l’Union euro­péenne à res­treindre l’accueil des réfu­giés quelques jours après le 13 novembre, accré­di­tant du même coup les thèses du FN qui voit en chaque réfu­gié un pos­sible ter­ro­riste ; c’était ne pas mar­te­ler qu’il n’y a qu’une poli­tique pos­sible ; c’était ne pas cou­per les bud­gets de la Culture à peine arri­vé au pou­voir mais au contraire sou­te­nir les fes­ti­vals au lieu de consta­ter leurs fer­me­tures avec un air de cir­cons­tance ; c’était ne pas aban­don­ner les inter­mit­tents à la vin­dicte mépri­sante du Medef mais au contraire les défendre immé­dia­te­ment, tota­le­ment. C’était de pro­fi­ter d’un voyage au Luxem­bourg pour taper du poing sur la table en condam­nant cette poli­tique de dum­ping fis­cal que pra­tique le grand-duché. Ne pas sup­po­ser le chô­meur frau­deur et l’assuré social tri­cheur sur­tout lorsque des cen­taines de mil­liards nous échappent chaque année par l’exil et l’optimisation fis­cale de nos si chers plus riches et de nos si aimées entre­prises. C’était de ne pas appe­ler de ses vœux une jeu­nesse se rêvant mil­liar­daire, c’était oser les Scop lorsque le grand capi­tal détruit nos indus­tries ; c’était ne pas se décou­vrir à moins d’un an de la COP21 une âme d’écologiste.

Lut­ter contre le FN, c’eût été avoir de la constance et des convic­tions, avoir encore un idéal autre­ment plus moti­vant que l’équilibre des comptes public et nous y emme­ner, oser le bon­heur pour tous, c’était lais­ser le corps ensei­gnant un peu tran­quille pour une fois, l’écouter et lui don­ner de quoi ensei­gner, les profs connaissent leur métier, c’est leur pas­sion et ils en ont marre qu’on leur dise ce qu’il faut faire à coup de réformes obs­cures et indé­chif­frables dont le seul but est de trans­for­mer l’école en un tube par lequel on entre « espé­rant » pour en res­sor­tir à l’autre bout « consommateur ». 

Lut­ter contre le FN, c’était être capable d’abandonner la rigueur bud­gé­taire euro­péenne pour une autre cause que notre sécu­ri­té immé­diate, par exemple pour venir en aide à nos 5 mil­lions de pauvres, pour construire ces loge­ments qui manquent à plus d’un mil­lion et demi de per­sonnes, c’était faire en sorte que les Fran­çais ne dépensent pas plus de la moi­tié de leur paye pour se loger ; bref lut­ter contre le FN, c’était res­ter de gauche, vrai­ment, réel­le­ment, de gauche à en mou­rir, de gauche à en tenir bon sous la mitraille, c’est reve­nir au plus vite et le plus farou­che­ment pos­sible aux valeurs de la gauche pro­lé­ta­rienne, redon­ner du sens au tra­vail, à la culture du tra­vail, son hon­neur et sa gran­deur, au lieu de le détruire en fai­sant du tra­vail une tâche à accom­plir, tous les trois jours un homme ou une femme se sui­cide à cause de son tra­vail qu’il ou elle ne recon­naît plus, le peuple de gauche avec ses valeurs et son hon­neur se fait humi­lier depuis des années sur l’autel de la crois­sance, des fonds de pen­sion, du libre-échange, ce peuple d’un autre âge qui ne com­pren­drait pas l’évolution du monde et à qui on demande dimanche de voter comme un seul homme pour des can­di­dats de droite en invo­quant Jaurès.

Phi­lippe Tor­re­ton, comé­dien et auteur.
VENDREDI, 11 DÉCEMBRE, 2015 - L’HUMANITÉ
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Les Actualités Françaises, il y a un demi-siècle…

Coup d’œil dans le rétro des actus de 65 avec les Actua­li­tés Fran­çaises du 8 décembre : Mont­réal fait peau neuve avant l’exposition uni­ver­selle, atten­tat Viet­cong à Sai­gon, record du monde du 5.000m à Oak­land, nue sous des dia­mants, Gemi­ni VII s’envole vers les étoiles, créa­tion d’un véhi­cule lunaire, 85% d’électeurs à l’élection pré­si­den­tielle… Le tout étant pro­je­té dans les ciné­mas, avant le film, avec au moins une semaine de retard. Il y a un demi-siècle, le “bon temps”…
[Mer­ci l’Ina !]

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Des tas d’urgences

Le hasard m’a fait tom­ber, hier, sur l’article que j’ai consa­cré au jour­na­liste polo­nais Richard Kapus­cinski lors de sa mort en 2007. Dans un de ses bou­quins fameux, Impe­rium – sur l’empire sovié­tique finis­sant, une suite de repor­tages à sa façon –, j’y rele­vais ça :

« Trois fléaux menacent le monde. Pri­mo, la plaie du natio­na­lisme. Secun­do, la plaie du racisme. Ter­tio, la plaie du fon­da­men­ta­lisme reli­gieux. Trois pestes unies par la même carac­té­ris­tique, le même com­mun déno­mi­na­teur, la plus totale, agres­sive et toute-puis­sante irra­tio­na­lité. Impos­sible de péné­trer dans un esprit conta­miné par un de ces maux. »

Dans le der­nier numé­ro du men­suel L’Histoire (thème : New­ton, les Lumières et la révo­lu­tion scien­ti­fique : excellent autant qu’actuel), un lec­teur revient sur le pré­cé­dent numé­ro (novembre) consa­cré aux com­mu­nistes et titré « Pour­quoi il y ont cru », sans point d’interrogation. En effet, bien des réponses peuvent être avan­cées. Mais ce lec­teur conti­nue à s’interroger : « Si je ne m’étonne pas du nombre d’intellectuels séduits, je n’arrive tou­jours pas à com­prendre pour­quoi ils sont res­té com­mu­nistes ». Et d’égrener le cha­pe­let des hor­reurs sta­li­niennes qui « auraient dû leur ouvrir les yeux ». Oui, mais non ! Confère le troi­sième fléau selon Kapus­cinski : la plaie du fon­da­men­ta­lisme religieux.

Même si les causes et les effets dif­fé­rent dans les nuances, nazisme, sta­li­nisme et dji­ha­disme relèvent du tronc com­mun de « la plus totale, agres­sive et toute-puis­sante irra­tio­na­lité. » Les consé­quences aus­si convergent dans la vio­lence la plus mor­ti­fère condui­sant les peuples cré­dules aux pires horreurs.

Notons qu’en ces « champs d’horreur » s’illustrent bien d’autres fana­tiques para-reli­gieux. Ain­si les fon­da­men­ta­listes du libé­ra­lisme ultra, les ado­ra­teurs du Mar­ché et de sa Main invi­sible, celle qui agit « en douce », par délé­ga­tion, sans se mon­trer au grand jour, et n’en conduit pas moins à son lot d’atrocités, dénom­mées injus­tices, guerres, misère.

Ain­si les néga­tion­nistes de la dégra­da­tion du cli­mat qui, à l’instar de leurs illustres pré­dé­ces­seurs face aux géno­cides nazis, choi­sissent la catas­trophe plu­tôt que de renon­cer à leurs cultes consom­ma­toires. Cultes innom­brables aux­quels d’ajoutent la plus crasse imbé­cil­li­té telle que mon­trée ce jeu­di soir [3/12/15] dans Envoyé spé­cial (France 2) exhi­bant de fameux spé­ci­mens du genre : ceux qui, aux Etats-Unis, tra­fiquent leurs die­sel mons­trueux pour qu’il éructent les plus épaisses fumées noires… (J’avais publié une vidéo sur ces éner­gu­mènes, mais elle a été désac­ti­vée, je ne sais pour­quoi… Des dizaines de vidéos paradent sur la toile – taper « coal rol­ling » et déses­pé­rer du genre humain…)

Après eux le déluge. Sur le même mode, en somme, par lequel un tiers des élec­teurs du « pays des Droits de l’Homme » – et pata­ti et pata­ta – seraient prêts à tâter du fas­cisme pré­sen­table, juste « pour essayer », puisque les autres leur paraissent usés – ce qui n’est pas faux, certes !

Mais enfin, quelle défaite annon­cée ! Défaite de la pen­sée, des convic­tions, des valeurs. De sou­bre­sauts en cahots, en culbutes et en sur­sauts, l’Histoire n’en finit pas de bégayer, on le sait. Au bord du vide, des haut-le-cœur nous saisissent.

tas-urgences

Où allons-nous ? « Ça déborde » de par­tout ; de gauche et de droite„ extrê­me­ment. [Ph. d.r.]

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En cas d’attentat par balles. Cinq consignes de sécurité

La crainte du ridi­cule peut s’avérer  plus mor­telle, que le ridi­cule lui-même. Spé­cia­le­ment en période de risques d’attentats. Quand la vie est en dan­ger, un geste, une atti­tude peuvent être sal­va­teurs. Il en va de même des gestes de secou­risme lors d’accidents. Ne pas craindre, par consé­quent, d’« en faire trop », ni d’être trai­té de « para­no ». Voi­ci quelques consignes de sécu­ri­té bonnes à connaître – en sou­hai­tant qu’elles ne servent jamais !

Par Gian Laurens*

AVANT

Consigne n°1 : CONSTATER

Il y a 4 niveaux de dangerosité :

NIVEAU VERT ORANGE ROUGE NOIR
RISQUES AUCUN LEGERS à MOYENS MOYENS à ELEVES TRES ELEVES

Avant de se rendre dans un lieu quel­conque, faire le constat lucide du niveau de la dan­ge­ro­si­té qui le carac­té­rise, et de celui du par­cours pour y accé­der et en reve­nir. S’il s’agit d’un lieu nou­veau, se ren­sei­gner préa­la­ble­ment sur ces niveaux.

Actua­li­ser son infor­ma­tion sur ces niveaux, qui peuvent varier du matin au soir, d’un jour à l’autre. L’attentat peut sur­ve­nir durant les niveaux orange à noir.

Cette déter­mi­na­tion préa­lable condi­tionne des pré­pa­ra­tions spécifiques :

• niveau VERT : rien de particulier.

• niveau ORANGE : lors des dépla­ce­ments jusqu’au lieu, ou depuis le lieu, être atten­tif à tout ce qui peut sem­bler bizarre, et pour cela, pros­crire tout ce qui peut dis­traire l’attention (écou­teurs, musique, por­table mis en mode silen­cieux ou réunion) ; dans les trans­ports en com­mun, la lec­ture doit être régu­liè­re­ment sus­pen­due aux arrêts pour véri­fier qui des­cend et n’abandonne rien, et qui monte avec quoi : sur­veiller ses mains. S’éloigner de toute situa­tion bizarre.

Pas de chaus­sures à hauts talons lors des déplacements.

• niveau ROUGE : vigi­lance de tous les ins­tants, vision et ouïe jamais dis­traites ; faire des pauses d’observation régu­lières en cours de route ; por­table en mode avion.

Se fier à son intui­tion : ne pas hési­ter à des­cendre d’un bus ou d’un tram si on consi­dère que celui qui y monte est sus­pect (se foca­li­ser sur ses mains, qui annoncent ses inten­tions). Evi­ter de sta­tion­ner en groupe aux abris bus ou aux pas­sages pié­tons en atten­dant le vert.

Chaus­sures de sport. Pan­ta­lons pour les femmes. Cou­leurs des vête­ments passe-partout.

Sacs, car­tables, bagages allé­gés au maxi­mum. Port de la plaque d’identification sur soi (nom, pré­nom, adresse, nom et numé­ro de télé­phone à pré­ve­nir, numé­ro sécu, groupe sanguin).

• niveau NOIR : vigi­lance extrême, ne se dépla­cer (mains nues) que par abso­lue néces­si­té, en tenue la plus spor­tive et la plus dis­crète pos­sible. À plu­sieurs, ne se dépla­cer qu’espacés. Por­table en mode avion. Plaque d’identification en sautoir.

De façon géné­rale, une fois ren­du dans le lieu, véri­fier que les accès sont conve­na­ble­ment sécu­ri­sés (sinon, repar­tir), recon­naître les issues de secours et les che­mi­ne­ments y condui­sant, repé­rer les extinc­teurs et, s’il y en a, les maté­riels d’incendies (seau, hache, lance, échelle).

Enfin, il est très judi­cieux de prendre des cours de secou­risme, et si pos­sible de sur­vie urbaine.

PENDANT

Consigne n°2 : COURIR 

Agir ! L’action est anxio­ly­tique, l’inaction anxio­gène. Dès le(s) premier(s) coup(s) de feu, ou y res­sem­blant, ne pas attendre que quelqu’un démarre pour se mettre à cou­rir en s’éloignant de la source sonore, et en direc­tion de l’issue de secours la plus proche si on est dans le lieu : on s’y sera ins­tal­lé au meilleur endroit, loin de l’accès prin­ci­pal, près d’une issue de secours et sans obs­tacles (chaises, tables) sur le tra­jet y condui­sant, à la péri­phé­rie du groupe. Empla­ce­ment le moins éclai­ré possible.

Il vaut mieux se rendre ridi­cule en fuyant un dan­ger fan­tas­mé que véri­fier, en étant tué pour n’avoir pas fui, que le dan­ger était bien réel.

Aban­don­ner sur place tout objet per­son­nel. Ne pas se retour­ner avant d’être en zone sécurisée.

Se pen­cher en avant pour dimi­nuer sa sur­face de cible. Cou­rir en zig­zag autant que pos­sible. Si on est seul et pour­sui­vi, ren­ver­ser der­rière soi tout obs­tacle impro­vi­sé (chaise, poubelle).

Dans la rue il peut être néces­saire de mar­quer un arrêt : s’abriter der­rière une pro­tec­tion très solide (mur ou voi­ture à hau­teur du moteur, entre l’arme et soi).

Si on est avec un enfant ou un être cher qui semble sidé­ré, l’entraîner de force sans par­ler ni crier.

S’il n’y a pas de pos­si­bi­li­té de fuite, s’allonger, tête en direc­tion de la source des déto­na­tions. Si on doit faire le mort, gar­der les yeux ouverts et si on a été bles­sé, se badi­geon­ner le cou et le visage de sang.

Arri­vé en lieu sûr, appe­ler la police (17 ou 112), puis le SAMU (15) et les pom­piers (18).

Consigne n°3  : SE CACHER

Si on n’a pas pu fuir, il faut se sous­traire à la vue du (des) tireur(s). Sous une table, ou der­rière une table ren­ver­sée, à défaut de mieux. Der­rière un comp­toir, dans un pla­card : il fau­dra faire silence abso­lu, ne pas bou­ger et pen­ser pou­voir res­ter là des heures (il n’est donc pas dégra­dant de se pis­ser des­sus à défaut d’autre pos­si­bi­li­té). Si on est avec quelqu’un qui panique et gémit, voire com­mence à crier, le bâillon­ner d’autorité.

Si on a pu accé­der à un local qui ferme avec une porte, ver­rouiller cette der­nière autant que pos­sible (la caler avec un petit objet en sus de la fer­me­ture par la ser­rure), et dis­po­ser autant de meubles contre elle pour la bar­ri­ca­der. Ne pas sta­tion­ner der­rière la porte. Eteindre la lumière et faire silence absolu.

Si quelqu’un der­rière la porte dit être de la police, res­ter silen­cieux mais ques­tion­ner par sms une connais­sance en zone sécu­ri­sée, ou appe­ler très dis­crè­te­ment le 17 pour vous infor­mer ; à défaut, se bran­cher sur une radio pour avoir des nou­velles (assaut don­né et ter­mi­né). Sor­tir alors en met­tant ses mains bien en évi­dence, sans tenir quelque objet que ce soit. Signa­ler s’il y a d’autres per­sonnes après soi.

Consigne n°4 :  COMBATTRE

Option ultime, quand ni fuir ni se cacher sont pos­sible. Pas de corps-à-corps héroïque, à moins d’être super-entraî­né et de béné­fi­cier d’une chance extra­or­di­naire comme dans le cas du Thalys.

Il n’y a qu’une fenêtre d’intervention pos­sible, c’est quand le tireur recharge, mais on ne dis­pose que de quelques secondes : on peut alors fon­cer des­sus et lui fra­cas­ser le crâne avec un extinc­teur ou une hache d’incendie s’il n’est pas trop loin, ou le char­ger avec une échelle si on contre-attaque à plu­sieurs. Sinon, l’arroser à la lance d’incendie en visant son visage. Entraî­ner avec soi pour un tel assaut s’énonce clai­re­ment et for­te­ment : « Ensemble ! On y va ! ».

Si on est très près, cre­ver un œil (puis l’autre) avec un sty­lo, une clef (voire les pouces).

APRÈS

Consigne n°5 : CICATRISER

Avoir sur­vé­cu à un atten­tat est un trau­ma­tisme majeur. Il est impé­ra­tif d’en pré­ve­nir le contre­coup qui est le SSPT (syn­drome de stress post trau­ma­tique). Il est impos­sible de se soi­gner tout seul, il faut recou­rir à des aides spé­cia­li­sées, et com­men­cer, dans l’immédiate suite de l’attentat, pour un décho­quage ver­bal autant que cor­po­rel-émo­tion­nel. Puis on doit s’appliquer à suivre une prise en charge psy­cho­lo­gique conséquente.

Sinon, au plan per­son­nel, il est tout aus­si essen­tiel de culti­ver ses rela­tions, de reprendre ses acti­vi­tés nor­males et en entre­prendre de nou­velles, de faire le tri entre ses amis pour en éli­mi­ner les faux, et fuir toutes per­sonnes toxiques. L’événement est une occa­sion extra­or­di­naire de refaire sa vie sur un mode qui en éli­mine tous les aspects néga­tifs, et le sta­tut de sur­vi­vant en donne plei­ne­ment le droit.

  • Gian Lau­rens, chi­miste spé­cia­liste explo­sifs, inter­ve­nant (ges­tion de la vio­lence) en hôpi­tal psy­chia­trique. Novembre 2015. Repro­duc­tion libre.
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Attentats de Paris. Que de morts, que de drames !

Même encore incom­plète, qu’elle semble inter­mi­nable, la liste des vic­times des atten­tats de ce ven­dre­di noir ! Que de drames sou­dain sur­gis dans les familles, chez les proches !… Et que de souf­frances sous les bles­sures, les muti­la­tions ! Fal­lait-il y ajou­ter l’outrage infli­gé, hier à l’Assemblée natio­nale, par les poli­ti­cards et leurs ges­ti­cu­la­tions imbé­ciles, indé­centes, outra­geantes, atter­rantes ? Cette liste des morts de ven­dre­di ne peut que leur faire honte. Une honte qui ne conso­le­ra de rien, ni des peines, ni des douleurs.

attentats-Paris

Mar­seille , lun­di midi. [Ph. gp]

Guillaume Bar­reau Decherf, 43 ans, était jour­na­liste aux Inrocks. Pas­sion­né de Hard Rock, il était diplô­mé de l’école de jour­na­lisme ESJ Lille. Il avait débu­té à Libé­ra­tion et tra­vaillé pour le maga­zineRol­ling Stone. Il avait récem­ment écrit au sujet du nou­vel album du groupe Eagles of Death Metal, qui se pro­dui­sait au Bata­clan le soir du mas­sacre.. Père de deux filles, il est né à Bar-le-Duc (Meuse) et a gran­di dans l’Essonne, comme le rap­porte lEst Répu­bli­cain. Ses confrères et anciens cama­rades de l’Ecole de jour­na­lisme ESJ de Lille se sou­viennent de sa dou­ceur sous une allure de «métal­leux», de sa pas­sion pour la musique et de son sens de la for­mule qui fai­sait sou­vent mouche. Il a per­du la vie au Bataclan.

Maca­théo Ludo­vic Boum­bas, 40 ans, dit «Ludo», 40 ans, est mort à La Belle Equipe, bis­trot du XIe arron­dis­se­ment où il fêtait l’anniversaire d’une amie. «Il a vou­lu pro­té­ger une amie, Chloé, en se met­tant sur elle. Il s’est pris une rafale», a dit son frère à l’AFP. D’origine congo­laise, Ludo était ingé­nieur chez le trans­por­teur FedEx.

Alban Denuit, 32 ans, ori­gi­naire du Lot-et-Garonne, à Mar­mande, ce plas­ti­cien était expo­sé à la gale­rie bor­de­laise Epo­nyme. Diplô­mé de l’École natio­nale des Beaux-Arts de Paris, il ensei­gnait à l’université Bor­deaux 3. Selon Sud Ouest, il avait obte­nu l’été der­nier son doc­to­rat d’arts plas­tiques avec féli­ci­ta­tions du jury. Il est décé­dé au Bataclan.

Romain Didier, 32 ans, était ori­gi­naire du Ber­ry. Il vivait non loin du lieu du drame, comme le rap­porte le Jour­nal du Centre. A Paris, il avait sui­vi des cours d’art dra­ma­tique à l’école Jean Péri­mo­ny et avait occu­pé entre 2009 et 2013 le poste de mana­ger du Lit­tle Temple Bar, un bar du VIe arron­dis­se­ment de Paris. Il a été tué rue de Cha­ronne, dans le XIe arron­dis­se­ment de Paris, alors qu’il était avec son amie, Lamia Mon­de­guer, elle aus­si décédée.

Lamia Mon­de­guer, 30 ans, a été tuée rue de Cha­ronne alors qu’elle se trou­vait avec son com­pa­gnon, Romain Didier. La jeune femme, diplô­mée de l’université Paris VII et de l’Ecole supé­rieure d’études ciné­ma­to­gra­phiques tra­vaillait pour l’agence artis­tique Noma Talents.

Cédric Mau­duit, 41 ans, était ori­gi­naire de Lion-sur-Mer (Cal­va­dos). Il tra­vaillait au Conseil dépar­te­men­tal du Cal­va­dos, où il était direc­teur de la Moder­ni­sa­tion du dépar­te­ment, comme le rap­porte le site inter­net du dépar­te­ment. Il assis­tait au concert avec 5 amis, dont une autre vic­time, David Per­chi­rin. Son frère a lan­cé un appel sur les réseaux sociaux pour faire venir les Rol­ling Stones ou David Bowie, des artistes qu’il admi­rait, à son enterrement.

Romain Feuillade, 31 ans, était sur la ter­rasse de La Belle équipe lorsqu’il est tom­bé sous les balles des assaillants. Le jeune homme, marié, était ori­gi­naire de Gil­ly-sur-Isère (Savoie) et s’était ins­tal­lé à Paris pour deve­nir comé­dien. Il tenait un res­tau­rant dans le XIe arron­dis­se­ment, Les Cent kilos, avec un asso­cié. «C’était un gar­çon d’une pro­fonde gen­tillesse, doté d’un puis­sant sens de l’humour. Sou­riant, géné­reux, humble, bien­veillant. Un exemple d’homme, le meilleur. Un ami dévoué», a témoi­gné l’un de ses amis dans Libération

Véro­nique Geof­froy de Bour­gies, 54 ans, était une ex-man­ne­quin et ancienne jour­na­liste duFiga­ro Madame et Vogue Homme. Elle avait fon­dé jemesensbien.fr, un blog sur lequel elle pos­tait quo­ti­dien­ne­ment des billets “bonne humeur”. Elle avait adop­té il y a deux ans une petite fille, Mélis­sa et un petit gar­çon, Die­go. Amou­reuse de Mada­gas­car, elle y avait créé en 2004 une asso­cia­tion, Zaza­ke­ly Sam­ba­tra (“enfants heu­reux”) . Elle a été abat­tue à la ter­rasse de La Belle équipe. Son mari, pho­to­graphe, était en dépla­ce­ment à Shan­ghaï pen­dant les attentats.

Mathieu Hoche, 38 ans, était tech­ni­cien cadreur pour la chaîne France 24. “Il était jeune, il avait un enfant de 6 ans”, a twit­té sa col­lègue Rose­lyne Febvre sur Twit­ter. «Un gar­çon ado­rable, dis­cret, bos­seur, pro­fes­sion­nel», évoque le direc­teur de la chaîne Marc Saikali.

Tho­mas Ayad, 34 ans, ori­gi­naire d’Amiens, était pro­duc­teur pour la mai­son de disque Mer­cu­ry Records, un label qui dépend du groupe Uni­ver­sal et s’occupait notam­ment du mar­ke­ting d’Eagles of Death Metal. Tué au Bata­clan, il assis­tait au concert avec deux col­lègues. Lucian Grainge, PDG d’Universal Music Group, a ren­du hom­mage à Tho­mas Ayad dans une lettre publiée par le Los Angeles Times. Pas­sion­né de hockey sur gazon, son ancien club a orga­ni­sé un ras­sem­ble­ment d’hommage dimanche. «Il est mort presque tout de suite, au Bata­clan, alors qu’il était en train de par­ler avec un gar­çon de Nous Pro­duc­tions (le tour­neur du concert, ndlr), qui lui a été bles­sé. (...) Franc, hon­nête, c’était un ami fidèle, on pou­vait comp­ter sur lui», a racon­té à Libé­ra­tion l’un de ses amis.

Marie Mos­ser, 24 ans, ori­gi­naire de Nan­cy et ancienne employée de la mai­son de disque Mer­cu­ry Records, elle col­la­bo­rait avec le site inter­net Cele­bri­ties in Paris, qui a confir­mé son décès. Cette spé­cia­liste en Com­mu­ni­ca­tion et mar­ke­ting digi­tal est l’une des vic­time de l’attentat du Bataclan.

Quen­tin Bou­len­ger, 29 ans, était ori­gi­naire de Reims et habi­tait dans le 17e arron­dis­se­ment de Paris, selon l’Union. Il est décé­dé au Bata­clan. Diplô­mé de l’école de com­merce Audien­cia de Nantes (Loire-Atlan­tique), ce jeune marié s’était ins­tal­lé dans le XVIIe arron­dis­se­ment de Paris et tra­vaillait comme res­pon­sable digi­tal inter­na­tio­nal au sein du groupe de cos­mé­tiques L’Oréal.

Valen­tin Ribet, 26 ans, était avo­cat d’affaires au bar­reau de Paris depuis l’année der­nière. Il tra­vaillait au cabi­net Hogan Lovells, qui a confir­mé sa dis­pa­ri­tion. Le jeune homme avait étu­dié à Lon­don School of Eco­no­mics, après avoir obte­nu son diplôme à la Sor­bonne. Il est décé­dé au Bata­clan, où il était avec son amie Eva, bles­sée, opé­rée et dont les jours ne sont plus en danger.

Dja­mi­la Houd, 41 ans, et ori­gi­naire de Dreux, a été tuée sur la ter­rasse de La Belle Équipe, rue de Cha­ronne. Fille de Har­kis, issue «d’une des grandes familles drouaises», comme le rap­porte l’Écho Répu­bli­cain, Pro­prié­taire de la bras­se­rie pari­sienne le Café des anges, à Bas­tille, Dja­mi­la Houd vivait à Paris.

Fabrice Dubois, 46 ans, marié et père de deux enfants âgés de 11 et 13 ans, était rédac­teur concep­teur chez Publi­cis Conseil. Il habi­tait à Médan, dans les Yve­lines. Il est décé­dé au Bata­clan. Sa sœur a confir­mé sa mort à Paris Match.

Fran­çois-Xavier Pré­vost, 29 ans, ori­gi­naire de Lam­ber­sart, dans le Nord-Pas-de-Calais, était pas­sion­né de ten­nis. Il tra­vaillait dans la publi­ci­té à Lille, comme le rap­porte l’AFP. Selon La Voix du Nord, il assis­tait au concert du Bata­clan avec deux amis. «We miss you FX», une page Face­book dédiée au jeune homme a été créée par ses proches. «L’amour de ma vie, à jamais», a écrit sa com­pagne sur la page Face­book créée pour lui rendre hommage.

Mathias Dymars­ki, 22 ans et Marie Lausch, 23 ans, sont tous les deux décé­dés lors de l’attentat du Bata­clan. Ces Mosel­lans étaient ensemble depuis 5 ans, et avaient emmé­na­gé en sep­tembre der­nier dans un appar­te­ment pari­sien, selon Le Répu­bli­cain Lor­rain. La jeune femme, diplô­mée de l’école de com­merce de Reims, venait de ter­mi­ner une mis­sion pour un groupe de cos­mé­tiques. Mathias, ingé­nieur tra­vaux, allait fêter ses 23 ans le 6 décembre prochain.

Pierre Inno­cen­ti, 40 ans, que tout le monde appe­lait “Pier­ro”, avait repris le res­tau­rant ita­lien fami­lial Livio, une ins­ti­tu­tion à Neuilly-sur-Seine. Il avait pos­té sur sa page Face­book, quelques minutes avant le début du concert, une pho­to de l’affiche du groupe de rock. «Pierre était un énorme bos­seur, mais c’était aus­si un bon vivant, il aimait faire la fête. C’était aus­si un homme de valeurs», raconte Arash Deram­barsh, un ami de Pierre Inno­cen­ti et élu de Courbevoie.

Sté­phane Alber­ti­ni, cou­sin de Pierre Inno­cen­ti, était le copro­prié­taire du res­tau­rant Livio.

Mat­thieu Giroud, 39 ans, était ori­gi­naire de Jar­rie, dans la région de Gre­noble. Géo­graphe, spé­cia­liste de la gen­tri­fi­ca­tion, il était maître de confé­rence à l’Université Blaise Pas­cal de Cler­mont-Fer­rand entre 2008 et 2012, avant de rejoindre le CNRS et l’Université Paris Est Marne la Val­lée. Il était le père d’un petit gar­çon de 3 ans et sa com­pagne, Auré­lie, est enceinte d’une petite fille. Qua­li­fié par un membre de sa famille d” «impi­toya­ble­ment paci­fiste», Mat­thieu Giroud «aimait le rock, le whis­ky japo­nais, le foot, les BD et regar­der des séries avec son Auré­lie. Plus que tout il aimait ses amis - nom­breux. Ses amis de Jar­rie et ses amis de Paris. Ses amis vivant en pro­vince et ses amis vivant à l’étranger», a écrit sur Face­book Fabienne Sil­vestre-Ber­ton­ci­ni, sa belle soeur. Mat­thieu Giroud est décé­dé au Bataclan.

Auré­lie de Per­et­ti, 33 ans, info­gra­phiste de for­ma­tion, recon­ver­tie dans la res­tau­ra­tion, était ori­gi­naire de Saint-Tro­pez. Elle était venue à Paris avec son amie Élo­die Pier­rat pour assis­ter au concert du Bata­clan, où elle est décé­dée. Élo­die Pier­rat demeure en soins intensifs.

Quen­tin Mou­rier, 29 ans, tué au Bata­clan, était archi­tecte aux Ver­gers Urbains. Il est décrit comme quelqu’un «plein de res­sources, d’énergie, d’initiatives, d’engagement» sur le site inter­net de cette asso­cia­tion qui milite pour la végé­ta­li­sa­tion. Il habi­tait dans la capi­tale mais était ori­gi­naire de Rouf­fach (Haut-Rhin), selon les Der­nières Nou­velles d’Alsace. Il avait étu­dié à l’Ecole natio­nale supé­rieure d’architecture de Versailles.

Élo­die Breuil, 23 ans, était étu­diante en desi­gn à l’école de Condé, dans le XVème arron­dis­se­ment de la capi­tale. Elle est décé­dée au Bata­clan alors qu’elle assis­tait au concert avec un groupe d’amis. Elle avait par­ti­ci­pé à la marche de la Répu­blique en jan­vier der­nier, avec sa mère. «Tout ce que vous pou­vez faire, c’est infor­mer le monde entier de ces hor­ribles choses que nous nous infli­geons les uns aux autres», a décla­ré son frère Alexis à un jour­na­liste de Time, alors qu’on venait de lui confir­mer le décès de la jeune fille aux yeux bleus.

Fan­ny Minot, 29 ans, était mon­teuse pour Le Sup­plé­ment de Canal +. «Une fan de rock», selon l’une de ses col­lègues contac­tée par l’AFP.

Nico­las Clas­seau, 40 ans, était le direc­teur de l’IUT Marne la val­lée. Il assis­tait au concert avec sa com­pagne, tou­jours hos­pi­ta­li­sée. Gui­ta­riste ama­teur, le qua­dra­gé­naire vivait à Bagno­let (Seine-Saint-Denis) avec ses trois enfants, de 15, 11 et 6 ans.

Nick Alexan­der, 36 ans, bri­tan­nique de Col­ches­ter, ven­dait des pro­duits à l’effigie du groupe Eagles of Death Metal lorsqu’il a été tué au Bata­clan. «Nick est mort en fai­sant le tra­vail qu’il aimait et nous sommes récon­for­tés de voir à quel point il était aimé par ses amis à tra­vers le monde», a écrit sa famille dans un com­mu­ni­qué. «Dors bien, mon doux prince, Nick Alexan­der... #fuck­ter­ro­rism #iwillal­way­slo­veyou #Bata­clan», a publié sur Twit­ter sa com­pagne Poli­na Buck­ley, avec une pho­to d’eux deux.

Hali­ma Ben Kha­li­fa Saa­di, 35 ans, était ori­gi­naire de Men­zel Bour­gui­ba (Tuni­sie), près de Bizerte. Cette jeune femme à la cri­nière de lionne était mariée à un Séné­ga­lais, Ada­ma Ndiaye, et vivait à Dakar. Sa famille est ins­tal­lée au Creu­sot (Saône-et-Loire), où son père est arri­vé en 1970 pour tra­vailler dans le bâti­ment. Mère de deux jeunes gar­çons, elle était à Paris, au res­tau­rant «La Belle équipe», pour fêter l’anniversaire d’une amie.

Hod­da Ben Kha­li­fa Saa­di, 34 ans, était à Paris avec sa sœur aînée Hali­ma pour fêter un anniversaire.

Maxime Bouf­fard, 26 ans, ori­gi­naire du Coux (Dor­dogne), est mort au Bata­clan. Titu­laire d’un BTS en audio­vi­suel à Biar­ritz (Pyré­nées-Atlan­tiques), il habi­tait depuis quatre ans à Paris, où il réa­li­sait des clips vidéo -récem­ment pour le groupe Le Der­nier Métro - et des films publi­ci­taires. «C’était un ama­teur de rug­by, de vin et de bonne bouffe. C’était un pilier dans sa famille et dans son groupe d’amis», a racon­té un ami à l’AFP. Fan de rock, il avait par­ta­gé sur son pro­fil Face­book en juillet une cri­tique élo­gieuse du nou­vel album d’Eagles Of Death Metal.

Nico­las Cati­nat, 37 ans, a été tué au Bata­clan, alors qu’il se trou­vait dans la fosse. Habi­tant à Domont, dans le Val-d’Oise, il a cher­ché à pro­té­ger ses amis en se pla­çant en bou­clier humain.

Pré­ci­lia Cor­reia, 35 ans, Por­tu­gaise, était employée par la mai­son de disques Mer­cu­ry Music. Elle est morte au Bata­clan. «Pour ceux qui se rap­pellent de moi après le pri­maire, j’aimais plus faire mes devoirs cela ne m’a pas empê­cher de res­ter à l’école jusqu’à plus de 25 ans...», raconte sur son pro­fil Copains d’Avant cette jeune femme brune qui a étu­dié les langues étran­gères et la photographie.

Asta Dia­kite, cou­sine du joueur de l’équipe de France de foot­ball Las­sa­na Diar­ra, qui était en train de jouer sur la pelouse du Stade de France lorsque les explo­sions ont eu lieu. La jeune femme, décrite comme une musul­mane pra­ti­quante, est morte dans la fusillade de la rue Bichat, où elle était sor­tie faire des courses. «Elle a don­né sa vie pour sau­ver celle de son neveu qui était avec elle», a écrit sur Face­book sa cou­sine. «Elle a été pour moi un repère, un sou­tien, une grande soeur», a témoi­gné le joueur de l’OM dans un mes­sage pos­té sur les réseaux sociaux.

Manuel Cola­co Dias, 63 ans, un Por­tu­gais fan de foot qui vivait depuis 45 ans à Paris, a péri alors qu’il se trou­vait à l’extérieur du Stade de France.

Elsa Del­place, 35 ans, était venue au concert des Eagles of Death Metal avec sa mère et son fils de 5 ans, qui les aurait vu mou­rir mais qui a sur­vé­cu. La jeune femme était for­ma­trice dans un centre de for­ma­tion d’apprentis pari­sien. La grand-mère, Patri­cia San Mar­tin, 61 ans, était fonc­tion­naire à la mai­rie de Sevran et nièce d’un ambas­sa­deur chilien.

Elif Dogan, 26 ans, Belge d’origine turque, tra­vaillait dans une socié­té d’informatique en Bel­gique. Ins­tal­lée à Paris depuis quatre mois, tout près du Bata­clan, elle est décé­dée dans la salle de spec­tacles sous les balles des ter­ro­ristes, comme son com­pa­gnon Mil­ko Jozic. «On se disait que notre fille vivait dans un endroit sûr. On crai­gnait des actions en Tur­quie et c’est dans une des plus grandes métro­poles du monde qu’on l’a per­due», a déplo­ré son père Kemal Dogan, retour­né vivre en Tur­quie il y a quelques mois.

Romain Dunet, 25 ans, un grand fan de musique, de uku­lele et de chant, est mort au Bata­clan. Ensei­gnant d’anglais dans un ensemble sco­laire pari­sien, il était éga­le­ment membre d’un groupe de musique. Ses proches ont ouvert une page d’hommage sur Face­book, «pour témoi­gner de son intel­li­gence et de sa gen­tillesse, de son enga­ge­ment dans ses pas­sions et de son dévoue­ment pour ses élèves».

Tho­mas Duper­ron, 30 ans, un Pari­sien ori­gi­naire d’Alençon s’occupait de la com­mu­ni­ca­tion de la salle de concert pari­sienne La Maro­qui­ne­rie. Spec­ta­teur du Bata­clan, il est mort dimanche à l’hôpital de Per­cy-Cla­mart où il avait été trans­por­té. «Nos pen­sées vont à sa famille, à ses proches ain­si qu’aux équipes de La Maro­qui­ne­rie», a pos­té sur son site inter­net l’Ecole d’art et de culture (EAC), dont il était sor­ti diplô­mé en 2010.

Gre­go­ry Fosse, 28 ans, habi­tant de Gam­bais (Yve­lines). Gré­go­ry était pro­gram­ma­teur musi­cal pour la chaîne D17. Un hom­mage lui sera ren­du lun­di, à l’initiative du conseil muni­ci­pal de la com­mune de Gambais.

Juan Alber­to Gonzàles Gar­ri­do, 29 ans, ingé­nieur espa­gnol , tra­vaillait pour EDF. Ori­gi­naire de Gre­nade, en Anda­lou­sie, il vivait à Paris avec son épouse Ange­li­na Rei­na, 33 ans. Pré­sente à ses côtés au Bata­clan ven­dre­di soir, cette der­nière a vu son époux tom­ber au sol avant de perdre sa trace, selon le quo­ti­dien El Pais.

Cédric Gomet, 30 ans, ori­gi­naire de Fou­che­rans dans le Jura et rési­dant à Paris, tra­vaillait pour TVMonde. Il se trou­vait au Bata­clan avec l’un de ses amis, Cédric, lui-même bles­sé par balles à la jambe au cours de l’assaut.

Nohe­mi Gon­za­lez, 23 ans, de natio­na­li­té mexi­caine et amé­ri­caine, se trou­vait à la ter­rasse du Petit Cam­bodge en com­pa­gnie d’une amie. Étu­diante en troi­sième année à l’université d’État de Long Beach en Cali­for­nie, elle se trou­vait à Paris dans le cadre d’un semestre d’échange uni­ver­si­taire à l’école de desi­gn Strate de Sèvres. Décrite par son petit ami comme «la plus douce des jeunes femmes», elle devait ren­trer aux États-Unis le mois prochain.

Raphael H, 28 ans, est né à Gar­misch-Par­ten­kir­chen en Bavière. Archi­tecte, il avait été embau­ché dans le cabi­net de Ren­zo Pia­no à Paris. Ven­dre­di soir, il était allé dîner au Petit Cam­bodge avec deux col­lègues, un Irlan­dais et un Mexi­cain. Ils ont aus­si été bles­sés lors de l’attaque.

Thier­ry Har­douin, 36 ans, sous-bri­ga­dier au dépôt de Bobi­gny, devait pas­ser la soi­rée à Paris au res­tau­rant la Belle Équipe, rue de Cha­ronne, pour célé­brer l’anniversaire de sa com­pagne. «Bon vivant», «homme joyeux et pro­fes­sion­nel», «Thier­ry avait affaire au quo­ti­dien à des gens dan­ge­reux. On savait qu’il fal­lait tou­jours res­ter sur le qui-vive» confie un de ses proches au quo­ti­dien Le Pari­sien. Thier­ry Har­douin était père de deux enfants.

Pierre-Antoine Hen­ry, 36 ans, ingé­nieur de pro­fes­sion, était ori­gi­naire de la région pari­sienne, comme le rap­porte Ouest France. Il tra­vaillait dans les sys­tèmes de com­mu­ni­ca­tion. Pierre-Antoine est décé­dé dans la salle du Bata­clan. «Le pre­mier mot qui me vient à l’esprit quand je pense pense à lui, c’est sa gen­tillesse», a inidi­qué à l’AFP l’un de ses proches.

Marion Lief­frig-Petard, était étu­diante en 1e année du mas­ter fran­co-ita­lien de musi­co­lo­gie de la Sor­bonne. Musi­cienne, pas­sion­née par les voyages musi­caux en Médi­ter­ra­née, elle venait de ren­trer d’une année d’Erasmus à Bar­ce­lone et s’apprêtait à effec­tuer sa deuxième année de Mas­ter à Palerme. Elle fait par­tie des vic­times. Bar­thé­lé­my Jobert, Pré­sident de Paris-Sor­bonne lui a ren­du hommage.

Anna Lief­frig-Petard, 27 ans, gra­phiste. Elle a été tuée alors qu’elle dînait à la ter­rasse du Petit Cam­bodge avec sa soeur Marion, décé­dée éga­le­ment, a indi­qué à l’AFP le maire de Chailles (Loir-et-Cher), Yves Cros­nier-Cour­tin, où leurs parents tiennent une bou­che­rie. «Elle était venue retrou­ver sa soeur ce week-end-là et elles avaient envoyé un mes­sage à leurs parents pour leur dire que la vie était belle, qu’elles étaient contentes de se retrouver».

Suzon Gar­rigues, 21 ans, était étu­diante en troi­sième année de Licence de lettres modernes appli­quées à la Sor­bonne, a elle aus­si dis­pa­ru au Bata­clan. Bar­thé­lé­my Jobert, Pré­sident de Paris-Sor­bonne lui a éga­le­ment ren­du hom­mage: «Elle laisse à ses cama­rades le sou­ve­nir de la plus géné­reuse, la plus altruiste, la plus drôle des amies, et aus­si d’une incon­di­tion­nelle et fidèle admi­ra­trice de Zola».

Moha­med Amine Ibnol­mo­ba­rak, Maro­cain, 28 ans, archi­tecte enca­drant à l’Ecole natio­nale supé­rieure d’architecture Paris-Mala­quais, ce pas­sion­né de nata­tion était «enga­gé, intel­lec­tuel, créa­tif», selon l’un de ses anciens pro­fes­seurs inter­ro­gé par Libé­ra­tion. Il a été tué alors qu’il se trou­vait au bar Le Carillon avec sa femme, qu’il avait épou­sée cet été. Cette der­nière, gra­ve­ment bles­sée, «a subi trois opé­ra­tions chi­rur­gi­cales» mais «ses jours ne seraient plus en dan­ger», a confié un proche à l’AFP.

Mil­ko Jozik, 47 ans, de natio­na­li­té belge. Cet ingé­nieur sou­riant, père d’une jeune femme de 22 ans, habi­tait avec sa nou­velle com­pagne Elif Dogan, éga­le­ment de natio­na­li­té belge, elle aus­si décé­dée, dans la rue du Bata­clan où ils s’étaient ins­tal­lés il y a quatre mois. «Je me dis sim­ple­ment que le monde est com­plè­te­ment pour­ri. C’est sur­tout pour ma fille que c’est dur, on se sent pau­mées», a confié son ex-épouse au quo­ti­dien belge La Der­nière Heure.

Hya­cinthe Koma, 37 ans, ser­veur au res­tau­rant Les Chics Types, dans le 19e arron­dis­se­ment, il par­ti­ci­pait à une soi­rée d’anniversaire au res­tau­rant La Belle Équipe rue de Cha­ronne. «Il avait beau­coup d’amis», selon sa petite sœur Amy. L’un d’entre eux a lan­cé une cagnotte sur le site Leet­chi pour aider sa famille à finan­cer les obsèques.

Guillaume Le Dramp, 33 ans, figure du quar­tier, buvait un verre en ter­rasse au bar La Belle Equipe quand il a été tué. Ori­gi­naire de Cher­bourg, il avait fait ses études à Caen avant d’aller à Parme (Ita­lie) puis à Paris, où il tra­vaillait dans un res­tau­rant der­rière la place des Vosges. Décrit comme «char­meur, cha­leu­reux, un vrai gen­til, avec un humour dévas­ta­teur» par l’un de ses proches à l’AFP, il était ten­té de retour­ner vivre en Ita­lie et pré­pa­rait le concours de pro­fes­seur des écoles.

Chris­tophe Lel­louche, 33 ans, tué au Bata­clan. Il était sup­por­ter de l’OM, gui­ta­riste et com­po­si­teur du groupe Oli­ver et fan de Metal­li­ca, selon un de ses amis inter­ro­gé par Libé­ra­tion.

Yan­nick Min­vielle, 39 ans, tra­vaillait dans la publi­ci­té et chan­tait dans un groupe de rock. Il est mort au Bataclan.

Jus­tine Mou­lin, 20 ans, une pari­sienne ori­gi­naire d’Asnières (Hauts-de-Seine), était étu­diante en Mas­ter à SKEMA Busi­ness School, qui lui a ren­du hom­mage sur son site internet.

Vic­tor Muñoz, 25 ans, est mort à La Belle Équipe, rue de Cha­ronne. Il était le fils d’un élu du XIe arron­dis­se­ment. Il venait d’être diplô­mé de l’ESG Mana­ge­ment School, une école supé­rieure de com­merce à Paris.

Ber­trand Navar­ret, 37 ans. Selon la Dépêche du midi, il avait gran­di à Tarbes, où son père est notaire, et vivait à Cap­bre­ton, sur la côte lan­daise. Il était par­ti à Paris pour pas­ser quelques jours dans la capi­tale et assis­ter au concert au Bataclan.

David Per­chi­rin. Après avoir été jour­na­liste, il était deve­nu récem­ment pro­fes­seur des écoles et ensei­gnait depuis sep­tembre 2014 en Seine-Saint-Denis. Ce qua­ran­te­naire est mort au Bata­clan aux côtés de son ami Cédric Mau­duit, ren­con­tré à Sciences Po Rennes. «Bons vivants, débor­dants d’énergie, enthou­siastes indé­fec­tibles, le ciment de leur ami­tié a tou­jours été leur pas­sion du rock’n roll», selon l’hommage ren­du par l’association des anciens élèves de l’établissement.

Manu Per­ez, âgé d’une tren­taine d’années, direc­teur artis­tique chez Poly­dor. Ce père de famille a pos­té sur Face­book quelques minutes avant sa mort une vidéo prise dans la fosse du Bata­clan, inti­tu­lée «Il y a ceux qui y sont et qui ne sont pas». Sa mémoire a été saluée sur Twit­ter par plu­sieurs artistes dont il s’était occupé.

Caro­line Pre­nat, 24 ans,ori­gi­naire de Lyon, était gra­phiste. Elle était diplô­mée de l’École de Condé de Nan­cy et avait étu­dié à l’École d’arts appli­qués de Bel­le­cour, selon Lyon Capi­tale. Elle est décé­dée lors de la tue­rie du Bataclan.

Armelle Pumir-Anti­ce­vic, 46 ans, est morte au Bata­clan, où elle se trou­vait avec son mari, Joseph. «Armelle m’a dit: «Viens, on court». On n’était pas loin de la porte de sor­tie. Armelle était der­rière moi, on a fon­cé. Elle est tom­bée. J’ai cru qu’elle avait tré­bu­ché sur un cadavre. Je l’ai ramas­sée, je la por­tais. Mais en arri­vant près de la porte, un flic m’a tiré par le bras, j’ai dû la lâcher. Putain. Je n’ai jamais revu Armelle», avait-il racon­té dimanche à Libé­ra­tion. Chef de fabri­ca­tion, mère de famille, cette Pari­sienne était aus­si atta­chée aux Pyré­nées-Orien­tales, où elle pos­sé­dait une maison.

Mat­thieu de Ror­thais, 32 ans, est mort dans l’attaque du Bata­clan. Son père et sa soeur lui ont ren­du hom­mage sur Face­book, cette der­nière saluant la mémoire de son grand frère, «la plus belle étoile du ciel».

Raphaël Ruiz, 37 ans, mort au Bata­clan. Il était «pas­sion­né de musique, de ciné­ma, de BD et de tant d’autres choses» selon l’association des anciens de Sciences Po Gre­noble. «C’était un ami hors pair, un homme atta­chant et pas­sion­nant, et un grand éclat de rire avec les enfants». Il tra­vaillait depuis 10 ans chez Ubi­qus, où il était «una­ni­me­ment appré­cié pour son pro­fes­sion­na­lisme, son dévoue­ment et son immense gentillesse».

Made­leine Sadin, 30 ans,qui vivait à Paris, est morte au Bata­clan. Décrite comme «vivante, aimante et curieuse» par ses proches à l’AFP, elle était pro­fes­seur de Fran­çais dans un col­lège de l’Essonne. Son cou­sin, Simon Cas­te­ran, jour­na­liste tou­lou­sain, a publié, sur son bloglessermonsdulundi.com, une lettre adres­sée à Daech et titrée «Oui, je suis un per­vers et un idolâtre».

Khei­red­dine Sah­bi, 29 ans, sur­nom­mé «Didine», ce vio­lo­niste de natio­na­li­té algé­rienne ren­trait chez lui ven­dre­di après une soi­rée avec des amis lorsqu’il a été tué. Après des études de sciences, il s’était tour­né vers la musique et étu­diait depuis un an à Paris. Il était étu­diant en mas­ter d’ethnomusicologie à la Sor­bonne. Bar­thé­lé­my Jobert, Pré­sident de Paris-Sor­bonne, lui a ren­du hom­mage. «Il habi­tait un quar­tier péri­phé­rique d’Alger, où la situa­tion était très ten­due» et «avait sur­vé­cu à dix ans de ter­ro­risme», à témoi­gné à l’AFP un de ses cou­sins. Son corps devrait être rapa­trié en Algérie.

Lola Salines, 29 ans, était édi­trice chez Gründ, char­gé des ouvrages Jeu­nesse. Cette pas­sion­née de rock et de metal a notam­ment édi­té l’Encyclo des Filles, paru en 2013, un manuel de réfé­rence pour les ado­les­centes. Pas­sion­née de rol­ler der­by, la jeune femme fai­sait par­tie du club la Bou­che­rie de Paris, l’équipe de la capi­tale. Elle por­tait sur les pistes le nom de «Josie Ozz­bourne». Son père, Georges, l’a cher­chée toute la nuit de ven­dre­di à same­di, pour fina­le­ment annon­cer son décès same­di matin, sur Twitter.

Hugo Sar­rade, 23 ans, débu­tait son week end à Paris par ce concert au Bata­clan, avant de rejoindre son père en région pari­sienne. Étu­diant en intel­li­gence arti­fi­cielle à Mont­pel­lier, Hugo était per­sua­dé que «l’obscurantisme est notre pire enne­mi», selon son père, inter­ro­gé par le quo­ti­dienMidi Libre.

Vale­ria Sole­sin, 28 ans, est morte au Bata­clan, après avoir été prise en otage avec son fian­cé et deux proches. Cette Ita­lienne ori­gi­naire de Venise, doc­to­rante en démo­gra­phie, vivait depuis quatre ans à Paris. «Elle nous man­que­ra et je pense, au vu de son par­cours, qu’elle man­que­ra aus­si à l’Italie», a décla­ré sa mère aux médias ita­liens. «Elle était le visage sou­riant et le cer­veau brillant de la jeune com­mu­nau­té ita­lienne à Paris», a témoi­gné un proche à l’AFP.

Ariane Theiller, 24 ans, était au Bata­clan avec des amis lorsqu’elle a été abat­tue. Ori­gi­naire du Nord, elle s’était ins­tal­lée à Paris. Après des études de Lettres à Orléans et à Stras­bourg, elle avait effec­tué un stage chez Urban Comics. Elle était assis­tante de rédac­tion chez Rus­ti­ca depuis le mois de juin der­nier. Ses col­lègues lui ont ren­du hom­mage sur Face­book: «Pour sa dis­cré­tion, sa dou­ceur sans miè­vre­rie et la gen­tillesse natu­relle qui éma­nait d’elle, nous l’avions tout de suite adop­tée, comme une des nôtres, une enfant de notre clan. Chère Ariane, au minois can­dide, tu avais amé­na­gé ton bureau pour regar­der en face les autres et l’avenir qui pour toi s’annonçait radieux. Mais le livre que tu rêvais d’écrire s’est refer­mé trop vite».

Éric Tho­mé, pho­to­graphe et gra­phiste pari­sien, âgé d’une qua­ran­taine d’années, pas­sion­né de musique, est mort au Bataclan.

Luis Felipe Zschoche Valle, 33 ans, Chi­lien, habi­tait depuis huit ans avec sa femme à Paris, où il tra­vaillait comme musi­cien, selon les auto­ri­tés chiliennes.

Oli­vier Ver­na­dal, 44 ans, natif du Puy-de-Dôme, était contrô­leur des impôts à Paris. Il vivait à deux pas de la salle de concert du Bata­clan, a confié son père au quo­ti­dien La Mon­tagne. Il est l’une des vic­times de la tue­rie du Bataclan.

Ciprian Cal­ciu, 31 ans et Lacra­mioa­ra Pop, 29 ans, un couple de Rou­mains et parents d’un enfant âgé de 18 mois. Ils ont tous les deux été tués au cours de la tue­rie du bar La Belle Équipe, selon Reuters.

Michel­li Gil Jai­mez, 27 ans, Mexi­caine ori­gi­naire de la ville de Vera­cruz, elle rési­dait à Paris, selonEl Pais. La jeune femme, qui s’était fian­cée le 26 octobre avec son petit ami, étu­diait sur le cam­pus pari­sien de l’EM Lyon. Elle est l’une des vic­times de la fusillade du bar La Belle Équipe. «Je t’aime mon amour. Repose en paix», a publié sur Face­book son com­pa­gnon ita­lien, Filo. La famille de Michel­li est arri­vée à Paris afin de s’occuper du rapa­trie­ment de sa dépouille. «Michel­li était une jeune fille char­mante, c’était une jeune fille très heu­reuse, sociable, tra­vailleuse et douée», a confié son cou­sin Félix José Gil Her­re­ra aux médias mexicains.

Maud Ser­rault, 37 ans, ancienne étu­diante du Cel­sa à Neuilly-sur-Seine, était direc­trice du Mar­ke­ting et du e-com­merce de la chaîne hôte­lière Best Wes­tern France depuis près de trois ans. Elle s’était mariée récem­ment, comme l’a confié sa cou­sine Caro­line Pal­lut à Reu­ters. Elle est décé­dée au cours de la tue­rie du Bataclan.

Sébas­tien Proi­sy, 38 ans, né à Valen­ciennes (Nord), habi­tait à Noi­sy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis, auprès de sa maman. Ce Fran­co Bul­gare était «un étu­diant brillant, bour­sier, plein de mérite et pas­sion­né de géo­po­li­tique», raconte Viviane, l’une de ses meilleures amies, ren­con­trée sur les bancs de l’université Pan­théon-Assas. «Il avait un sens de l’humour de malade men­tal». Après avoir tra­vaillé à la Com­mis­sion euro­péenne, Sébas­tien Proi­sy a créé sa propre start up, «qui mar­chait bien». Il dînait au Petit Cam­bodge, avec un col­lègue et un client, au moment de la fusillade. L’un d’entre eux a éga­le­ment été bles­sé lors de l’attaque.

Natha­lie Jar­din, 31 ans, ori­gi­naire de Marcq-en-Barœul, et régis­seuse lumière au Bata­clan depuis 2011, tra­vaillait ven­dre­di 13 novembre der­nier à la salle de concert. Elle était char­gée d’accueillir les membres du groupe cali­for­nien Eagles of Death Metal, selon La Voix du Nord. Son père, Patrick Jar­din, était sans nou­velle de sa fille depuis ven­dre­di et avait inter­pel­lé le Pre­mier ministre Manuel Valls, lorsque celui-ci a salué les forces de police Gare du Nord, dimanche 15 novembre der­nier, à Paris. Le décès de la jeune femme a été confir­mé dimanche 15 novembre, deux jours après l’attentat.

Richard Ram­mant, 53 ans, ori­gi­naire du Lot, mais rési­dant à Paris, il était le père de deux filles. Ce pas­sion­né de musique et de moto était béné­vole au Cahors Blues Fes­ti­val, comme le rap­porte La Dépêche. Il assis­tait au concert du Bata­clan avec sa femme, Marie Do, bles­sée aux jambes, mais qui a sur­vé­cu. Son club de bikers prône «le res­pect, la fra­ter­ni­té et la soli­da­ri­té comme un mode de vie», selon son site internet.

Lucie Die­trich, une gra­phiste, diplô­mée en 2013 de l’école mul­ti­mé­dia IESA, à Paris, a été tuée au cours de la fusillade de la rue de la Fon­taine au Roi. La jeune femme habi­tait à une rue du lieu du drame, a écrit sur Ins­ta­gram Emma­nuel Die­trich, son grand frère, en com­men­taire d’une pho­to de famille. En mémoire de sa sœur cadette, il a créé une montre, repro­duite 13 fois, pour cha­cun des membres de la famille Die­trich. Marc-Fran­çois Mignot-Mahon, le pré­sident de Stu­dia­lis, un réseau d’écoles auquel appar­tient l’IESA, lui a ren­du hom­mage dans un communiqué.

Thi­bault Rousse Lacor­daire, 37 ans, habi­tant de Neuilly-sur-Seine, était Pari­sien de nais­sance, selon Jérôme Bru­cker, un ami d’enfance. Il est l’une des vic­times de la fusillade du Bata­clan. «Une gen­tillesse sans pareil» le qua­li­fiait un de ses proches.

Gilles Leclerc, 32 ans, est mort au Bata­clan, a annon­cé sa tante lun­di en début de soi­rée, après trois jours d’incertitudes. Le jeune homme, fleu­riste dans la bou­tique de sa mère, à Saint-Leu-la-Forêt (Val-d’Oise), au nord de Paris. Quelques minutes avant le concert, le jeune homme bar­bu, fan de rock, de tatouages et des Etats-Unis, avait publié un sel­fie sur les réseaux sociaux: il y appa­rais­sait, avec sa com­pagne, Marianne, une bière à la main, devant la scène, depuis la fosse qui com­men­çait à se rem­plir. Lorsque les pre­miers tirs ont fusé, il a pro­je­té son amie par terre qui, en ram­pant, est par­ve­nue à s’enfuir.

Antoine Mary, 34 ans, déve­lop­peur infor­ma­tique. Déve­lop­peur pour des sites inter­net, ce jeune homme ori­gi­naire de Caen (Cal­va­dos) était sor­ti au Bata­clan en com­pa­gnie de son ami Ferey, réa­li­sa­teur, mon­teur et pho­to­graphe, lui aus­si décé­dé. «Aujourd’hui nous pleu­rons l’un des nôtres. Ton esprit libre, ta belle humeur. Antoine, nous ne t’oublierons pas», a twee­té pour annon­cer son décès l’agence de publi­ci­té Mil­ky, où il avait tra­vaillé avant de se mettre à son compte.

Ger­main Ferey, 36 ans. Ori­gi­naire de Vienne-en-Bes­sin (Cal­va­dos), il avait bifur­qué tar­di­ve­ment vers l’Ecole supé­rieure de réa­li­sa­tion audio­vi­suelle (ESRA), après des études de Lettres étran­gères et d’administration éco­no­mique et sociale et même un emploi dans le milieu ban­caire. A son compte depuis 2011 après avoir tra­vaillé dans des entre­prises de post-pro­duc­tion audio­vi­suelle, il était réa­li­sa­teur et mon­teur, et aus­si pho­to­graphe, ins­tal­lé à Paris. Il est mort au Bata­clan, où il s’était ren­du avec son ami Antoine Mary, une autre vic­time. «On a du mal à ima­gi­ner que ce soit pos­sible», a confié au quo­ti­dien Ouest France Rémi Fran­çoise, le maire de Vienne-en-Bes­sin, où résident tou­jours ses parents.

Jean-Jacques Amiot, 68 ans, était au Bata­clan lorsqu’il s’est fait tuer. Fan de rock, fami­lier des salles de concert, ce Pari­sien père de deux filles et deux fois grand-père était à la tête d’une entre­prise de séri­gra­phie et tra­vaillait régu­liè­re­ment pour les artistes, les musi­ciens, ou les des­si­na­teurs. «C’était un homme doux», a rap­pe­lé son frère dans Le Télé­gramme.

Bap­tiste Che­vreau, 24 ans, est tom­bé sous les balles au Bata­clan. Jeune gui­ta­riste, pas­sion­né de musique, il était le petit-fils de la chan­teuse Anne Syl­vestre. Après une enfance pas­sée à Ton­nerre (Yonne), il s’était ins­tal­lé à Paris il y a cinq ans.

Marion Jouan­neau, 24 ans. «C’était une jeune femme très, très douce», dit d’elle une proche. Son com­pa­gnon, un kiné­si­thé­ra­peute qui a réus­si à échap­per au mas­sacre, a mul­ti­plié les avis de recherche pen­dant le week-end, pos­tant et repos­tant sur les réseaux sociaux un sou­riant por­trait d’une jeune femme aux che­veux blonds cen­drés. Il a fini par annon­cer sur Twit­ter lun­di: «Marion est morte». Ils habi­taient Chartres (Eure-et-Loir).

Vincent Detoc, 38 ans, est mort au Bata­clan. Cet archi­tecte, père de deux enfants de 7 et 9 ans, était un fan de musique, gui­ta­riste amateur.

Chris­tophe Foul­tier, 39 ans, est mort au Bata­clan. Ce direc­teur artis­tique, père de deux enfants, pas­sion­né de rock, est décrit comme «simple, hon­nête et sin­cère» par ses amis sur Facebook.

Raphaël Hilz, 28 ans. Né en Bavière, en Alle­magne, il était archi­tecte et avait été embau­ché dans le cabi­net de Ren­zo Pia­no à Paris. Ven­dre­di soir, il était allé dîner au Petit Cam­bodge avec deux col­lègues, bles­sés lors de l’attaque.

Stel­la Ver­ry, 37 ans, dînait au Petit Cam­bodge, rue Bichat, lorsque les balles ont fusé. Méde­cin géné­ra­liste, elle avait récem­ment ouvert un cabi­net dans le XIXe arron­dis­se­ment de Paris, tout en étant méde­cin régu­la­teur du Samu.

Chloé Bois­si­not, 25 ans, ori­gi­naire de Châ­teau-Lar­cher dans la Vienne selon La Nou­velle Répu­blique. Elle et son petit ami Nico­las, bles­sé, étaient en train de dîner au res­tau­rant Le Petit Cam­bodge lorsque les assaillants ont ouvert le feu.

Emma­nuel Bon­net, 47 ans, habi­tant de la Cha­pelle-en-Ser­val (Oise). Ce père de famille était ven­dre­di au Bata­clan avec l’un de ses enfants. «Le fils a réus­si à quit­ter la salle, il ne trou­vait pas son père mais était per­sua­dé qu’il s’était lui aus­si échap­pé», a racon­té le maire de la com­mune Daniel Dray au Cour­rier Picard. Employé de la RATP, il avait par­ta­gé la veille du concert sur sa page Face­book un lien du groupe «Les athées en action» citant Jacques Pré­vert avec une pho­to du poète: «La théo­lo­gie c’est simple comme dieu et dieu font trois.»

Anne Cor­net, 29 ans. Ori­gi­naire de Houd­lé­mont (Meurthe-et-Moselle), la jeune femme a été tuée au Bata­clan avec son mari Pierre-Yves Guyo­mard, avec lequel elle rési­dait à Saint-Ger­main-en-Laye (Yve­lines), selon Le Répu­bli­cain Lor­rain.

Mayeul Gau­bert, 30 ans, juriste. Ori­gi­naire de Saône-et-Loire, il tra­vaillait depuis cinq ans pour l’organisme de for­ma­tion conti­nue Cegos, où il était décrit comme «drôle, dis­cret, effi­cace, très pro­fes­sion­nel». Il est mort des suites de ses bles­sures au Bata­clan. Sa page Face­book affi­chait en por­trait «Je suis Charlie».

Pierre-Yves Guyo­mard, ingé­nieur du son et pro­fes­seur en sono­ri­sa­tion à l’Institut supé­rieur des tech­niques du son (ISTS) à Paris. Il a été tué au Bata­clan avec sa femme Anne Cor­net. «Il était l’un des meilleurs ensei­gnants que j’ai jamais eus et il avait beau­coup à par­ta­ger avec ses étu­diants et à leur don­ner», a écrit sur Face­book un de ses étudiants.

Oli­vier Hau­du­coeur, 44 ans, ban­quier. Diplô­mé de l’Ecole natio­nale supé­rieure d’Ingénieurs de Caen, il tra­vaillait depuis 2006 au sein du groupe BNP Pari­bas. Ce cou­reur ama­teur était depuis un an employé de la socié­té fran­çaise de loca­tion auto­mo­bile longue durée Arval, filiale du groupe ban­caire. Il est mort au Bataclan.

Renaud Le Guen, 29 ans, a été tué au Bata­clan où il se trou­vait avec sa com­pagne, res­ca­pée. «Renaud était quelqu’un de très culti­vé et doux. Tout le monde l’aimait. C’était un mec bien», a témoi­gné au quo­ti­dien Libé­ra­tion celle qu’il devait épou­ser l’année pro­chaine et qu’il avait ren­con­trée à 17 ans. «Il aimait le jazz, le rock, la pho­to, être avec sa famille et ses amis», a-t-elle racon­té. Il tra­vaillait dans un garage pour poids lourds près de la gare d’Evry-Courcouronnes (Essonne) et habi­tait à Savi­gny-sur-Orge, où il avait grandi.

Char­lotte Meaud, 30 ans, est morte avec sa soeur jumelle, Emi­lie, sur la ter­rasse du café Le Carillon. Cette char­gée de déve­lop­pe­ment de start-up, pas­sion­née de musique et de sport, habi­tait dans le XXe arron­dis­se­ment de Paris et a gran­di à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne) et fait ses études à Lyon et à Strasbourg.

Emi­lie Meaud, 30 ans, tuée avec sa soeur jumelle Char­lotte sur la ter­rasse du Carillon, était archi­tecte à Paris. Ori­gi­naire de Haute-Vienne, elle aimait le rock et les films d’Eric Rohmer.

Cécile Misse, 32 ans, a été tuée au Bata­clan, aux côtés de son com­pa­gnon, Luis Felipe Zschoche Valle, un musi­cien chi­lien. La jeune femme, ins­tal­lée à Paris depuis 2006, était char­gée de pro­duc­tion au théâtre Jean-Vilar de Sur­esnes, dans l’ouest pari­sien. Elle avait gran­di à Gap (Hautes-Alpes).

Hélène Muyal-Lei­ris, 35 ans, tuée au Bata­clan. Mère d’un petit gar­çon de 17 mois à peine, elle était maquilleuse-coif­feuse à Paris et tra­vaillait dans la mode ou sur des tour­nages. «Vous n’aurez pas ma haine», a écrit lun­di sur Face­book son mari Antoine Lei­ris, qui avait mul­ti­plié les avis de recherche pen­dant le week-end. «Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aus­si belle que lorsqu’elle est par­tie ce ven­dre­di soir, aus­si belle que lorsque j’en suis tom­bé éper­du­ment amou­reux il y a plus de 12 ans.»

«Bien sûr je suis dévas­té par le cha­grin», a recon­nu le jour­na­liste de France Bleu, pas­sion­né de ciné­ma, pour­sui­vant: «Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus forts que toutes les armées du monde. (...) Nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit gar­çon vous fera l’affront d’être heu­reux et libre»; a-t-il lan­cé aux assas­sins d’Hélène.

Eric Tho­mé, pho­to­graphe et gra­phiste pari­sien, âgé d’une qua­ran­taine d’années. Ce pas­sion­né de musique, titu­laire d’un BTS en com­mu­ni­ca­tion visuelle, avait expo­sé des pho­tos en juillet aux Ren­contres de la pho­to­gra­phie d’Arles. Selon l’un de ses amis, qui a pos­té un mes­sage sur Face­book, il allait bien­tôt être père.

Fabian Stech, 51 ans, tué au Bata­clan était cri­tique d’art et aus­si ensei­gnant d’allemand dans un lycée pri­vé de Dijon. Né à Ber­lin, il était ins­tal­lé en France depuis 1994 où il était marié à une avo­cate dijon­naise et père de deux enfants.

Claire Sce­sa-Camax, 35 ans, ori­gi­naire d’Avignon, était gra­phiste à Paris depuis 2009, selon leDau­phi­né Libé­ré. Mère de deux enfants, la jeune femme tra­vaillait en free-lance pour le caba­ret pari­sen Cra­zy Horse. Elle était au Bata­clan avec son mari, qui a sur­vé­cu. L’Ecole pro­fes­sion­nelle supé­rieure d’arts gra­phiques de la Ville de Paris (Epsaa), où la jeune femme avait étu­dié, lui a ren­du hom­mage sur Face­book: «Elle aimait le rock. Elle assis­tait au concert des Eagles Of Death Metal au Bata­clan. Elle nous a quit­tés, par­mi tant d’autres.Nous la pleu­rons. Claire était une de nos anciennes étu­diantes, pro­mo 2003 en arts gra­phiques. Le meilleur hom­mage que l’on puisse lui rendre est en images, à tra­vers ses créations».

Julien Galis­son, 32 ans, qui a gran­di à Orvault, en Loire-Atlan­tique, habi­tait à Nantes. Il est l’une des vic­times de l’attaque du Bata­clan. Joseph Par­paillon, le maire d’Orvault, lui a ren­du hom­mage lun­di 16 novembre der­nier, comme le rap­porte Ouest France.

Sven Ale­jan­dro Sil­va Per­ugi­ni, 29 ans, et véné­zué­lien, vivait en Espagne. Il est décé­dé au Bata­clan. « Nous nous sou­ve­nons de son sou­rire, de ses plai­san­te­ries, de son opti­misme et de son cha­risme», a écrit sa mère, Gio­va­ni­na Per­ugi­ni, sur son compte Face­book, ce mar­di 17 novembre.

D’après Le Figa­ro. Liste incom­plète et hélas provisoire.

 

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Attentats de Paris. La mort contre l’Art de vivre

attentats_parisLes atrocités de ces jours funestes, comme à chacun sans doute, m’inspirent des flots de réflexions, entraînent mes pensées vers les profondeurs. L’une d’elles tourne autour d’une expression forte remontée avec les événements : l’art de vivre.

Les ter­ro­ristes, à tra­vers leur rage mor­ti­fère, ont vou­lu s’en prendre à notre mode de vie, à ce que nous vivons au quo­ti­dien. La mor­bi­di­té assas­sine, comme sou­vent par les drames et la mort, vient nous rap­pe­ler que la vie est en effet un art, ou qu’elle devrait l’être en tout cas, autant que pos­sible. Cette véri­té pro­fonde, essen­tielle, exis­ten­tielle nous échappe pour­tant trop sou­vent. Comme si elle s’usait « quand on ne s’en sert pas » – comme bien d’autres choses ! Comme si le fait de vivre s’écornait bête­ment au fil des jours, gan­gre­né par la bana­li­té. Or, il s’agit d’un art qui, comme tel, demande atten­tion de chaque jour, de chaque ins­tant. Cet art, le plus vieux sans doute, est pour­tant le plus gal­vau­dé et aus­si, l’actualité nous le montre, hélas, le plus mena­cé. Un art aus­si vieux que l’homo sapiens. – caté­go­rie abu­sive s’agissant de ces « fous d’Allah » qui n’ont que la mort pour hori­zon indépassable.

attentats—paris

© André Faber 2015

Au bis­trot, à une ter­rasse ; au ciné, au théâtre ou à un concert ; flâ­ner dans les rues ou dans une expo ; dans un stade ou à la messe… Faire la cour, et l’amour, avec qui et comme on veut. Man­ger un steak-frites, un cous­cous, une sau­cisse ou une salade (bio ou non). Boire un rouge, blanc ou rosé ; un whis­ky (même à la can­nelle, ou au coca) ; ou un thé (à la menthe ou autre). Lire un jour­nal ou un autre ; un polar, un roman coquin ou non, un essai, un pam­phlet ; rire d’une blague, d’un des­sin, d’une cari­ca­ture. Savou­rer la vie, l’honorer dans chaque ins­tant, sans gran­di­lo­quence, voi­là l’art de vivre – du moins « à la fran­çaise », qui n’est heu­reu­se­ment pas le seul ! Car il se décline par­tout où la vie lutte pour elle-même et non pour son contraire, la mort.

L’idée est si ancienne ! Elle remonte notam­ment (sans par­ler ici de la Chine antique) aux civi­li­sa­tions égyp­tienne et sumé­rienne – là où, pré­ci­sé­ment, les « choses » se tordent et se nouent de nos jours ; c’est-à-dire tout autour de cette Méso­po­ta­mie qui a vu naître l’écriture et, par delà, la pen­sée éla­bo­rée. Plus tard, vinrent les phi­lo­sophes grecs et latins, dont la moder­ni­té demeure éblouis­sante. Ils inven­tèrent lit­té­ra­le­ment – à la lettre – l’amour de la sagesse, après les­quels nous cour­rons tou­jours aujourd’hui, en nous essouf­flant ! Pytha­gore, Socrate et leurs foi­son­nantes lignées de pen­seurs et de viveurs. Ceux qui en effet, pré­ci­sé­ment, posèrent la phi­lo­so­phie comme un art de vivre, conden­sé plus tard par le fameux carpe diem emprun­té au poète latin Horace. Oui, urgence quo­ti­dienne : « cueillir le jour » sans dila­pi­der son temps.

On est évi­dem­ment là aux anti­podes de Daesh et de ses arrière-mondes !

J’y oppo­se­rai encore ce cher vieux Mon­taigne et la jeu­nesse de sa pen­sée ; ain­si, par exemple, quand au fil de ses Essais il passe à deux états phi­lo­so­phiques suc­ces­sifs : l’un sur le thème « Vivre c’est apprendre à mou­rir » –  dan­ge­reux slo­gan trop actuel… ; l’autre, plus heu­reu­se­ment tour­né vers la vie : « La mort est bien le bout, non pas le but de la vie ; la vie doit être pour elle-même son but, son des­sein. »

Autre réflexion, abor­dée ici dans un com­men­taire récent :

« Je vou­lais « seule­ment » dire qu’il n’y a pas de « pul­sion de mort » inhé­rente à la nature humaine, et cela il me semble que Wil­helm Reich l’a mon­tré magni­fi­que­ment, et que cette démons­tra­tion, par exemples cli­niques, est au cœur de son ensei­gne­ment, et de tout ce qu’il a appor­té ensuite au Monde. Pour moi cela n’a rien à voir avec une croyance ou non, Wil­helm Reich a rai­son ou il a tort. La « peste émo­tion­nelle » dont il parle, équi­va­lente à peu de chose près au res­sen­ti­ment mis au jour et génia­le­ment ana­lysé par Nietzsche, ne touche pas l’ensemble de l’humanité. […] » (Gérard Bérilley, 14/11/15)

C’est là un des grands points de cli­vage dans le mou­ve­ment psy­cha­na­ly­tique, celui autour de la freu­dienne « pul­sion de mort » que Reich, en effet, fut par­mi les pre­miers à reje­ter. Appli­quée à l’actualité, son objec­tion pour­rait s’exprimer ain­si : tout mor­ti­fères qu’ils soient, ces dji­ha­distes ne sont nul­le­ment mus par une hypo­thé­tique « pul­sion de mort » ; c’est leur inca­pa­ci­té à vivre qui les mène vers la mort ; c’est-à-dire leur impuis­sance à l’abandon au flux du vivant.

On dira que cela ne change en rien l’atrocité de leurs actes. Certes. Mais une telle ana­lyse (ici som­mai­re­ment résu­mée) évite l’impasse de la fata­li­té devant la Mort pul­sion­nelle, condui­sant à des ana­lyses autre­ment com­pré­hen­sives de la réa­li­té. Notam­ment s’agissant de la haine de la femme, créa­ture impure, qu’on ne rêve donc qu’en vierge fan­tas­ma­tique et « paradisiaque ».

Cette obses­sion de la « pure­té » se retrouve dans les idéo­lo­gies fas­cistes et en par­ti­cu­lière dans le nazisme et sa « pure­té raciale ». Dans Psy­cho­lo­gie de masse du fas­cisme, notam­ment, Reich avait ana­ly­sé les com­por­te­ments anti-vie, rigi­di­fiés sous la cui­rasse carac­té­rielle et celle des corps frus­trés. Une sem­blable ana­lyse auprès des dji­ha­distes met­trait au jour, à n’en pas dou­ter, les com­por­te­ments sexuels de vio­leurs et d’impuissants orgas­tiques. Les femmes vic­times de ces phal­lo­pathes « peine à jouir » – sauf à la secousse des kalach’– auront peut-être un jour à témoi­gner dans ce sens.

Com­prendre, certes, se pose comme une néces­si­té qui évite les géné­ra­li­sa­tions, sim­pli­fi­ca­tions, amal­games de toutes sortes. Expli­quer ne four­nit aucune solu­tion clé en main.

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Attentats de Paris. Ni prier, ni plier

attentats_paris« Pray for Paris ». De grandes âmes, sans doute, appellent à « prier pour Paris ». Est-ce bien le moment ? Que cha­cun prie ou non selon ses (in)croyances, pour­vu que ce soit dans l’intimité de ses convic­tions. Or, l’injonction se veut publique ; elle s’exprime, dans la langue de Sha­kes­peare – éma­nant donc du monde anglo-saxon qui ignore la laï­ci­té –, selon le mode gra­phique et récu­pé­ra­teur, du « Je suis Char­lie » des atten­tats de jan­vier. La manœuvre empeste plu­tôt de ces « bonnes inten­tions » dont l’enfer est pavé. Plu­tôt que solu­tion, l’incantation reli­gieuse ne relève-t-elle pas pré­ci­sé­ment du pro­blème ? Celui qui jus­te­ment jette une grande par­tie du monde dans les illu­sions de l’au-delà – ce qui s’appelle l’obscurantisme, au nom duquel agissent les assas­sins hallucinés.

Appe­ler à « prier » ren­voie, en symé­trie, dans les arrière-mondes de ces « fous de Dieu » qui par­sèment l’Histoire de leur démence de san­gui­naires. Plus que jamais nous avons besoin d’allumer les lumières, avec et sans majus­cule, celles qui ont besoin du grand air frais de la vie pour nous don­ner à res­pi­rer la liber­té et ce qui s’ensuit : éga­li­té, fra­ter­ni­té, laï­ci­té et joyeu­se­té par consé­quent et de manière indissociable.

Ni prier, ni plier. Il nous faut être debout et, au nom de l’humanité, nous éle­ver et nous main­te­nir au-des­sus de la sau­va­ge­rie. L’élévation, bien sûr, ne sau­rait exclure le recueille­ment et la spi­ri­tua­li­té, formes laïques de la prière.

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Lun­di 16 novembre sous l’ombrière du Vieux port à Mar­seille. Recueille­ment lors de la minute de silence en mémoire des vic­times des atten­tats de Paris. [Ph. gp]

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Un vendredi de noir malheur

Leur vrai dieu, c’est la mort. Ils l’aiment, la servent, la sèment. Venus des arrière-mondes, leurs incursions dans celui des vivants n’a d’autre but que de tuer, détruire, semer la désolation, la souffrance, le malheur partout. Humains ils ne sont pas. Ou inachevés ; infirmes de la pensée, indignes d’être, en dehors de l’humanité. Détruire Palmyre ne leur suffit pas ; la pierre ne saigne pas, ne hurle pas, ne souffre pas. Ils veulent la grande jouissance du mal absolu, du désastre, de la haine qui tue.

Je souffre du grand malheur de ce vendredi noir. Le noir de l’obscurité morbide. « Nous » qui aspirons aux lumières, multiples, multicolores, joyeuses et jouissives ; « nous » dont l’Histoire – bien convulsive – se veut une lutte pour la vie ; la vie vivante, celle qui agrandit le monde. Et le voilà, ce monde, qui se rabougrit sous la terreur assassine ; mais aussi sous l’avidité des possédants, insatiables prédateurs, méprisants de l’Autre, vils profiteurs, en fin de compte aussi mortifères que les terroristes. Ce monde des murs et des barbelés, ce monde de la séparation et de l’injustice galopante, cause du grand dérèglement. Dénoncer ceux-là ne saurait pour autant absoudre la sauvagerie nihiliste. Mais que faire face à une telle négation de la vie ? Quelle espérance nourrir ?

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Poussée d’intolérance au Maroc. « Much Loved » interdit, comédienne agressée

Much Loved, du cinéaste maro­cain Nabil Ayouch, est un film remar­quable dont j’aurais dû par­ler ici depuis que je l’ai vu il y a deux mois et qui, heu­reu­se­ment, est tou­jours à l’affiche dans les bonnes salles. Je me décide aujourd’hui pour une rai­son plus que ciné­ma­to­gra­phique : le film est inter­dit au Maroc, ce qui n’est pas sur­pre­nant, mais, sur­tout, l’actrice qui tient le rôle prin­ci­pal, Loub­na Abi­dar – superbe –, a été vio­lem­ment agres­sée le 5 novembre. Elle raconte cela dans une tri­bune adres­sée au Monde [12/11/15 ], expli­quant aus­si pour­quoi elle se voit contrainte de quit­ter son pays.

Maroc Loubna Abidar agressée

Loub­na Abi­dar vio­lem­ment agres­sée à Casa­blan­ca [Ph. dr]

Une fois de plus, c’est la place des femmes dans la socié­té qui se trouve au centre d’une actua­li­té per­ma­nente et à peu près géné­rale dans le monde, même si, bien sûr, les situa­tions sont variables, et donc leur degré de gra­vi­té. N’empêche, cela vaut dans nos socié­tés dites évo­luées. Que l’on songe aux dif­fé­rences de salaires entre hommes et femmes, à fonc­tions égales ; qu’il s’agisse de l’attribution des postes de res­pon­sa­bi­li­té, du har­cè­le­ment sexuel, du machisme « ordi­naire ». On n’entrera même pas ici sur le lamen­table débat autour des notions de genre.

Much Loved qui, comme son titre ne l’indique pas, est un film sur la condi­tion fémi­nine dans un des pays arabes les plus rétro­grades sur la ques­tion – et sur tant d’autres, hélas – tan­dis que cette royau­té d’un autre âge vou­drait se dra­per dans une pré­ten­due modernité.

Dans son texte, la comé­dienne donne à voir le pro­pos du film, en même temps qu’elle exprime une détresse per­son­nelle, une impla­cable dénon­cia­tion d’un régime d’oppression et l’intolérance d’une société.

Après des petits rôles au théâtre et dans des films com­mer­ciaux, j’ai obte­nu le pre­mier rôle dans le long-métrage Much Loved, de Nabil Ayouch. C’était le plus beau jour de ma vie, car j’allais pou­voir tra­vailler avec un réa­li­sa­teur talen­tueux et inter­na­tio­na­le­ment recon­nu, et parce que j’allais don­ner la parole à toutes celles avec les­quelles j’avais gran­di : ces petites filles des quar­tiers qui n’apprennent ni à lire ni à écrire, mais aux­quelles on dit sans cesse qu’un jour elles ren­con­tre­ront un homme riche qui les emmè­ne­ra loin… Dès 14-15 ans, elles sortent tous les soirs dans le but de le trou­ver. Un jour, elles réa­lisent qu’elles sont deve­nues des prostituées.

« Dans ce film, j’ai mis toute mon âme et toute ma force de tra­vail, por­tée par Nabil Ayouch et mes par­te­naires de jeu. Le film a été sélec­tion­né à Cannes. J’y étais, c’était magique. Mais dès le len­de­main de sa pré­sen­ta­tion, un mou­ve­ment de haine a démar­ré au Maroc. Un ministre qui n’avait pas vu le film a déci­dé de l’interdire avant même que la pro­duc­tion ne demande l’autorisation de le dif­fu­ser. Much Loved déran­geait, parce qu’il par­lait de la pros­ti­tu­tion, offi­ciel­le­ment inter­dite au Maroc, parce qu’il don­nait la parole à ces femmes qui ne l’ont jamais. Les auto­ri­tés ont décla­ré que le film don­nait une image dégra­dante de la femme maro­caine, alors que ses héroïnes débordent de vie, de com­ba­ti­vi­té, d’amitié l’une pour l’autre, de rage d’exister.

« Et une cam­pagne de détes­ta­tion s’est répan­due sur les réseaux sociaux et dans la popu­la­tion. Per­sonne n’avait encore vu le film au Maroc, et il était déjà deve­nu le sujet numé­ro un de toutes les dis­cus­sions. La vio­lence aug­men­tait de jour en jour, à l’encontre de Nabil « le juif » (sa mère est une juive tuni­sienne) et à mon encontre. Je déran­geais à mon tour, parce que j’avais le pre­mier rôle, parce que j’en étais fière, et parce que je pre­nais posi­tion ouver­te­ment contre l’hypocrisie par des décla­ra­tions nombreuses.

Cachée sous une burqa

« Des mes­sages de sou­tien et d’amour, j’en ai reçu des dizaines. Dans les pays d’Europe où le film est sor­ti et a connu un bel accueil (j’ai notam­ment obte­nu le Prix de la meilleure actrice dans les deux fes­ti­vals majeurs de films fran­co­phones, Angou­lême en France et Namur en Bel­gique). Mais sur­tout, et c’était le plus impor­tant pour moi, au Maroc. Par des gens éclai­rés car ils sont nom­breux. Et aus­si par des pros­ti­tuées qui ont enfin osé par­ler à visage décou­vert pour dire qu’elles se recon­nais­saient dans le film.

« Mais rien n’a cal­mé la haine contre moi. Sur Face­book et Twit­ter, mon nom est asso­cié à celui de « sale pute » des mil­liers de fois par jour. Quand une fille se com­porte mal, on lui dit « tu fini­ras comme Abi­dar ». Tous les jours, je lis que je suis la honte des femmes maro­caines. Chaque semaine, je reçois des menaces de mort. J’ai encore des amis et des proches pour me sou­te­nir, mais beau­coup se sont détour­nés de moi. Pen­dant des semaines, je ne suis pas sor­tie de chez moi, ou alors uni­que­ment pour des courses rapides, cachée sous une bur­qa (quel para­doxe, me sen­tir pro­té­gée grâce à une burqa…).

« Ces der­niers jours, le temps pas­sant, la ten­sion me sem­blait retom­bée. Alors jeu­di 5 novembre, le soir, je suis allée à Casa­blan­ca à visage décou­vert. J’y ai été agres­sée par trois jeunes hommes. J’étais dans la rue, ils étaient dans leur voi­ture, ils m’ont vue et recon­nue, ils étaient saouls, ils m’ont fait mon­ter dans leur véhi­cule, ils ont rou­lé pen­dant de très longues minutes et pen­dant ce temps ils m’ont frap­pée sur le corps et au visage tout en m’insultant. J’ai eu de la chance, ce n’était « que » des jeunes enivrés qui vou­laient s’amuser… D’autres auraient pu me tuer. La nuit a été ter­rible. Les méde­cins à qui je me suis adres­sée pour les secours et les poli­ciers au com­mis­sa­riat se sont ri de moi, sous mes yeux. Je me suis sen­tie incroya­ble­ment seule… Un chi­rur­gien esthé­tique a quand même accep­té de sau­ver mon visage. Ma han­tise était jus­te­ment d’avoir été défi­gu­rée, de gar­der les traces de cette agres­sion sur mon visage, de ne plus pou­voir faire mon métier…

« Nabil Ayouch était là tout le temps pour me sou­te­nir. J’ai fait des décla­ra­tions de colère que je regrette. Je ne savais plus où j’étais. Alors j’ai déci­dé de quit­ter le Maroc. C’est mon pays, je l’aime, j’y ai ma vie et ma fille, j’ai foi en ses forces vives, mais je ne veux plus vivre dans la peur. On s’attaque à moi pour un rôle que j’ai joué dans un film que les gens n’ont même pas vu. Une cam­pagne de déni­gre­ment légi­ti­mée par une inter­dic­tion de dif­fu­sion du film, ali­men­tée par les conser­va­teurs, nour­rie par les réseaux sociaux si pré­sents aujourd’hui… et qui conti­nue de tour­ner en rond et dans la vio­lence. Au fond, on m’insulte parce que je suis une femme libre. Et il y a une par­tie de la popu­la­tion, au Maroc, que les femmes libres dérangent, que les homo­sexuels dérangent, que les dési­rs de chan­ge­ment dérangent. Ce sont eux que je veux dénon­cer aujourd’hui, et pas seule­ment les trois jeunes qui m’ont agressée… »

Loub­na Abidar

La bande-annonce de Much Loved.

PS. Des copies du film ont été mises en cir­cu­la­tion au Maroc, dans les­quelles des scènes por­no­gra­phiques ont été ajou­tées pour en dénon­cer l’immoralité !

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter - Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse postale !) 

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl). 
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

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    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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